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Review This Story || Author: Lionrobe

Moriturae te salutant

Part 1 French

Moriturae te salutant

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Chapitre I Premier jour. An 64-Rome en flammes.

 

- N�ron

 

Rome est en flammes. Depuis le d�but de la soir�e. La pl�be a �t� impuissante, les cort�ges de porteurs d�eaux se sont �puis� en vain � isoler les baraques en bois des faubourgs. Puis les maisons en briques se sont embras�es, les �curies ont lib�r� des cohortes de chevaux affol�s.

Les eucalyptus centenaires des avenues principales dressent un triomphe incandescent � la foule h�b�t�e qui pi�tine devant les cendres des �choppes. Les thermes et les amphith��tres aux robustes colonnes abritent une population cosmopolite qui se lamente et gronde.

Des patriciennes se lient avec des prostitu�es. Des acteurs encore par�s de leurs masques de sc�ne boivent dans la m�me gourde que des l�gionnaires. Et la rumeur gronde de plus en plus fort �les chr�tiens- les chr�tiens- LES�CHRE�TIENS.

 

Devant sa petite cour d�esclaves et de familiers, N�ron est accoud� � la balustrade du jardin suspendu sur le toit de son palais. Il contemple comme en plein jour une Rome dont chaque d�tail d�ombre et de feu envahit ses pupilles dilat�es. Des brindilles incandescentes m�lang�es � de rares lucioles affol�es, qu�il chasse d�un revers de main apais�, descendent lentement d�un plafond d��toiles.

Il a craint toute la journ�e la pluie, qui aurait g�ch� le tableau vivant que le Dieu est en train de composer pour ses sujets. Il a craint aussi la maladresse de ses sicaires, charg�s de r�pandre le feu dans la ville et le poison dans les esprits.

Il sourit et se retourne en fixant un grand parterre d�immenses roses nacr�es venues de Sicile.

 

Afsilla est en train de rire avec Regulus, le chef de sa garde pr�torienne. Il surprend une complicit� un peu trop marqu�e, une inflexion particuli�re de ce rire. Afsilla sait qu�il l�a vue, elle rit plus fort maintenant, comme si elle avait entendu une de ces histoires lestes dont seules les esclaves ont le droit de rire.

Se frayant un passage au milieu des gardes, qui ont d�pos� leur casque dans la chaleur de cette nuit unique, elle s�approche de lui, sans surtout baisser les yeux. Il se retourne.

 

Les flammes qui approchent maintenant le Colis�e ont perdu de leur vigueur. Elles s��moussent sur les pierres des palais et des maisons les plus nobles. Les beaux quartiers sont en train de remporter la bataille. Les senteurs capiteuses des fleurs africaines m�l�es aux jeunes pousses d�aneth, emplissent de nouveau l�odorat d�licat du roi du monde.

Une main glisse doucement sous sa toge en soulevant les replis de son ventre. Les lourdes nattes d�Afsilla, soigneusement torsad�es de torques d�or, ont envahi ses cuisses.

Il n�a pas besoin de baisser les yeux pour voir les l�vres gonfl�es de la jeune �thiopienne s�emparer de son membre. Il n�entend plus rouler les tesserae, les d�s lanc� par les v�t�rans des guerres d�Espagne. Il a ferm� les yeux et sait que tous les regards sont fix�s sur son abolla, son manteau de guerre qui prot�ge l�acte sublimement impudique.

Afsilla est tr�s excit�e elle aussi, il a compris que ses doigts n�ont quitt� son membre que pour se porter � la rencontre de son clitoris. Son p�nis est tr�s petit, mais Afsilla, en experte fellatrice, est toujours parvenue � �tirer d�mesur�ment son membre viril, sans le blesser, en faisant d�abord descendre doucement sa langue le long de son filet, puis, empal�e jusqu�� la gorge, en aga�ant la base de ses bourses d�une pointe dard�e, avant de remonter lentement en aspirant de toutes ses forces les premi�res gouttes incolores mais d�j� �cres.

N�ron ne peut pas g�mir en public, mais il se sent happ�, vid� par chaque succion plus prolong�e. Juste avant qu�il ne se rende, Afsilla rel�che sa pression, car elle n�est pas tout � fait pr�te � venir elle-m�me. Il sent que le rythme qu�elle imprime � son index s�est acc�l�r�, car il en subit le d�licieux �cho par sa langue, qui virevolte de plus en plus follement autour de son gland, dans des cercles concentriques de plus en plus resserr�s, qui se sont d�plac� du tour de son pr�puce pour venir violer maintenant son m�at b�ant.

Lorsque Afsilla resserre ses cuisses, elle sent une premi�re longue gicl�e de sperme tr�s �pais frapper le fond de sa gorge. Elle se penche en avant et �prouve les contractions de la verge qui se vide. Sa main lib�r�e s�est port� sur les augustes testicules, qu�elle a recueilli, petites noix fragiles, pour accompagner leurs ultimes soubresauts. N�ron n�a pu s�emp�cher de s�incliner sur la t�te de sa ma�tresse, comme s�il craignait que la puissance de l�aspiration d�Afsilla emporte une partie vitale de son �tre.

 

- Afsilla

 

Afsilla �merge des t�n�bres. Elle voit en se redressant, au dessus de son menton lourd, de son nez aquilin, le long regard que N�ron porte sur Regulus.

Regulus, au beau masque tragique, qui la contemple maintenant avec d�sespoir. Dans le ricochet de ces regards �chang�s sans un mot, Afsilla a compris son sort. Elle pose sa main sur le bras de N�ron, faussement enjou�e pour gagner du temps � C�sar, c�est bon d�avoir bu � ta sant� ! �.

N�ron se d�gage fermement, sans violence. Il resserre la ceinture de son manteau et s�approche de Regulus. Il murmure quelques mots � son oreille. Regulus, le visage bl�me, sait que sa loyaut� ne peut �tre prouv�e que dans le ch�timent de sa trahison. Il ferme les yeux quelques instants. Puis il donne des ordres brefs dans leur langue � deux mercenaires scythes.

N�ron s�est l�g�rement recul� pour mieux appr�cier le spectacle qu�il a command�. Il butte contre un buffet au trois quart servi et plonge la main dans un plat de langues de porc confites avec des p�tales de violettes. Il donne un ordre � un esclave qui part en courant.

Les deux mercenaires se sont empar� d�Afsilla, qui est rest� stupidement au centre d�un cercle dont tout le monde s�est soigneusement �cart�. Elle ne peut pas croire ce qui va lui arriver, ce qu�elle a d�j� vu des dizaines de fois. Son jeune corps plein de vie, encore fr�missant de son orgasme, ne peut tout simplement pas admettre ce que son esprit affol� tente de lui communiquer.

Lorsqu�ils lient ses �paules d��b�ne faites pour porter les cha�nes, elle ne r�siste pas. Anesth�si�e, elle se laisse diriger sous la branche basse et �paisse d�un gigantesque m�l�ze dont les aiguilles compactes apportent un peu de fra�cheur dans la touffeur nocturne.

Elle frissonne lorsque les maillons glac�s s�incrustent sous les aisselles, s�enroulent autour de ses coudes, et tirent sur ses poignets. Elle est lentement soulev�e de terre et entend l�acier racler l��corce du conif�re. Elle cherche un regard ami. La haine, la jalousie, le stupre, seront ses derni�res visions. L�un des scythes a amen� deux gros fouets en cuir de rhinoc�ros. Elle est presque soulag�e. Ainsi, N�ron veut juste la punir de l�avoir tromp� ? Elle en pleurerait presque de joie.

Elle n�a pas vu venir dans son dos deux l�gionnaires, qui ont plant� dans le sol, juste sous ses jambes, leur lourd pilum.

La large extr�mit� arrondie des bouts en ch�ne, qui se touchent presque, luit sous la lune. Elle prend conscience de leur pr�sence en m�me temps qu�elle descend tout doucement. Elle pousse un long hurlement de terreur qui fait tressauter ses lourdes mamelles aux larges ar�oles naturellement violac�es.

� Noooooon, pas comme �a, tuez moi tout de suiiiiite �

Les scythes ont �cart� sans m�nagement ses cuisses, qu�ils maintiennent fermement, tandis qu�ils introduisent les pals dans la chair vive.

Ses pores dilat�s exhalent un lourd parfum de terreur absolue. Le premier pieu glisse rapidement dans sa matrice lubrifi�e et vient tout de suite heurter douloureusement le col de son ut�rus. C�est presque avec soulagement qu�elle sent son anus, p�n�tr� � son tour, partager l�insoutenable pression. Elle se retient de hurler sa r�volte et sa peur, �conomise son souffle, attentive � tout mouvement qui risquerait de propager l�onde de douleur dans son corps voluptueux.

Millim�tre par millim�tre, l�un des l�gionnaires laisse descendre la cha�ne.

N�ron a pris la lyre que lui a tendu d�une main tremblante son esclave. Il caresse les cordes sur le m�me rythme lent que le l�gionnaire, jusqu�� ce qu�il finisse par dicter lui-m�me le tempo de la descente.

Afsilla transpire abondamment. Ses cuisses et ses chevilles ont engag� un combat sans espoir pour accrocher le bois trop bien poli par l�usage. Au d�but, elle a cru que ses doigts de pied, ses ongles, pourraient accrocher quelques veinules. Mais elle a tr�s vite gliss� et elle sent maintenant que ses organes sont au point de rupture. Elle commence � g�mir.

La foule contemple avec fascination les larges rigoles de sueur qui brillent sur la peau presque noire et tombent goutte � goutte sur le sol.

� AAAAAHHH �. Afsilla a pouss� un cri farouche. La pointe du pal vient de traverser une membrane. Elle pleure sa douleur insupportable. Du sang se m�lange bient�t � la sueur du corps travers� de spasmes. Les cuisses t�tanis�es parviennent � s�arc bouter sur un n�ud dans une r�bellion d�sesp�r�e pour ralentir la progression de son corps sur les deux phallus.

Un fouet claque sur la croupe callypige dans la nuit immobile.

� Nerooooon �.

Le second coup trouve la base de sa forte poitrine.

� NEROOOON ! ! ! � Elle se raidit dans une contraction sauvage, ses jambes se d�tendent un court instant avant de se raffermir brutalement et elle pousse un cri d�chirant qui a couvert l�accord dissonant de la lyre. Elle vient de rel�cher un long jet d�urine qui coule le long de la lance et se m�lange � son sang.

Les spectateurs se sont inconsciemment rapproch�, car ils savent qu�Afsilla ne pourra lutter plus longtemps.

Ce sont deux coups de fouet qui ont claqu� ensemble cette fois, les scythes visent l�un la base des mamelles, l�autre leur sommet, ils les compriment en m�me temps qu�ils les cinglent, et les d�chirent en ramenant vers eux la lani�re.

Les pals se sont enfonc� brutalement d�un pied de long. Afsilla hurle, d�un hurlement de petite fille qui paralyse les plus jalouses des autres esclaves. Maintenant, ses jambes tremblent et ne s�opposent plus � la lente descente de son corps convuls� de soubresauts incroyablement �rotiques.

Du sang et des f�ces s��coulent de ses orifices. La douleur la suffoque au del� de tout entendement. Cette douleur que la pression des pals repousse toujours plus loin, toujours plus haut dans son corps.

Son sein droit vient d��tre ouvert, et les femmes se sont cach� le visage, tandis que certains l�gionnaires ont os� applaudir puisque le Dieu vivant semblait content. Un autre coup bien vis� dans le m�me sillon d�coupe une plaie b�ante.

Afsilla contemple son sein presque tranch� qui pend sur son nombril. Elle n�a plus tout � fait conscience de la ruine de son corps, plus peur de mourir. Son esprit est en train de s�obscurcir.

La cha�ne descend un peu plus vite, N�ron accompagne les accords de sa lyre de quelques strophes que la beaut� du corps supplici� lui inspire.

La foule pousse un � oh � de surprise amus�e lorsque la pointe d�un pal �merge de l�aine d�Afsilla. �AAAAAAAAHHHHHHHH � Des commentaires bruyants parient sur l�apparition de l�autre.

� YYYYYYYEEEEEEEEHH � la pointe oblongue et �rig�e de son sein gauche vient d��tre d�capit�e.

Afsilla n�est pas encore morte, ses entrailles sont simplement �cart�es par le bout arrondi qui n�a pas touch� le c�ur. Elle n�a plus la force de g�mir, elle ne sent plus les derniers coups de fouets assen�s sans r�elle conviction, qui ont arrach� en lambeaux ses mamelles dont l�essentiel g�t sous ses jambes. Il lui reste encore tout juste assez de lucidit� pour sentir le pieu perforer en m�me temps ses entrailles, son diaphragme et trouver sa trach�e art�re apr�s avoir sembl� h�siter quelques instants. Elle est �trangl�e, comme garrott�e lorsque le pal choque ses dents.

Elle trouve la force de d�contracter ses m�choires pour laisser glisser la lance et tombe � genoux dans ses propres mati�res, ses yeux restent ouverts sur une horreur indicible ponctu�e d�un dernier accord enfin harmonieux.

 

Chapitre II Deuxi�me jour. Des catacombes aux ar�nes.

 

- Sous l�aqueduc de la Via Sicilia

 

Agathe passe la main sur son front mat pour �goutter la m�che rebelle qui s�est �chapp� de sa somptueuse chevelure d�un brun tr�s profond. Sur le portique en briques ocr�es qui s�pare le jardin de la riche villa du s�nateur Albus de la Via Appia, elle distingue l�habituel avertissement � Cave canem �, qui encadre un chien dessin� dans la mosa�que de fa�ences.

Elle a r�ussi, elle a men� � bon port la petite troupe de chr�tiens dont le pr�tre Navatonius lui a confi� la sauvegarde. Il lui a donn� sa b�n�diction dans la derni�re grotte des catacombes suintantes, en �tendant la paume de sa main protectrice au-dessus du pauvre troupeau affol�. Puis il est reparti au secours de ses ouailles qui n�ont pu �chapper � la furie vengeresse des romains.

Elle est fi�re d�avoir su d�chiffrer le labyrinthe des catacombes, fi�re de la confiance que lui ont toujours manifest� jusqu�au petit matin les chr�tiens encore stup�faits par la cruaut� de la populace - leurs propres voisins ou amis - qui les traque depuis le d�but de la nuit.

Elle est parvenu ensuite � les guider dans le r�seau des �gouts pestilentiels, la cloaca maxima, comptant et recomptant sans cesse les retardataires. En queue de la colonne, elle parvient � discerner, malgr� l�obscurit�, la plupart de ses amies, membres comme elle d�une petite compagnie de th��tre. Casilda et Elagia, unies par une tendre passion qu�elle est seule � conna�tre, ferment la marche et encouragent les plus faibles en portant leurs pauvres biens. Sulpicia, la robuste fille de ferme, soulage une jeune m�re en portant son nourrisson. Sophonia et C�cilia, les s�urs gymnastes, encadrent en chantonnant les flancs de la procession qui serpente dans les souterrains. Les gouttes qui s��coulent des vo�tes mal liaisonn�es ruissellent davantage � chaque tournant, qui marque une intersection de deux rues au-dessus de leurs t�tes.

Son nourrisson dans les bras, Livia l�a rejoint et dit simplement � Merci, Agathe �, lorsque la lumi�re appara�t � travers un soupirail. Le soleil se l�ve paresseusement au-dessus de la blanche villa d�Albus, le seul s�nateur chr�tien de Rome, lorsque les fuyards �mergent des t�n�bres.

Agathe est profond�ment soulag�e d�avoir rempli sa mission. Fi�re, heureuse et amoureuse. Car elle esp�re aussi retrouver Regulus, qu�elle vient enfin de convertir, Regulus, le centurion au mains si fines, � la voix si douce, si fort quand il la prend dans ses bras. Elle donnerait sa vie pour partir tr�s loin avec lui ce matin, puisqu�il lui a promis de quitter N�ron et sa ma�tresse noire.

 

- Dans le parc d�Albus

 

Les fleurs multicolores du parc d�ploient leurs corolles sous la caresse des premiers rayons et exhalent des parfums inconnus des citadins, mais pas d�Agathe. Pendant qu�elle traverse lentement les brumes matinales pour reconna�tre les lieux, Regulus, debout devant une st�le au bord de la piscine carr�e en marbre, la contemple de loin, le c�ur serr�.

Agathe l�a vu � son tour, son c�ur s�emballe, elle se met � courir en soutenant sa forte poitrine, d�abord maladroitement, avant de d�chausser ses sandales pour aller plus vite. Elle s�arr�te net dans son �lan, stopp�e � quelques m�tres de Regulus par son regard fixe et implacable. Elle pousse un cri d�horreur lorsqu�il s��carte pour r�v�ler la st�le. Le s�nateur Albus est allong� derri�re lui, le cou garrott� autour de la base de la colonne fun�raire.

De tous les arbres du parc surgissent des soldats qui s�emparent de la centaine de chr�tiens �gaill�s.

Sur l�ordre de Regulus, dont la seconde preuve de loyaut� � l�empereur vient d��tre ainsi donn�e, les m�les, les vieillards et les nourrissons, sont pass�s au fil de l��p�e parmi les g�missements et hurlements �plor�s des �pouses et des m�res.

Les chr�tiennes survivantes se tiennent maintenant align�es devant lui. Il passe lentement leurs rangs en revue. Il a d�tourn� les yeux du regard flamboyant que lui a lanc� Agathe.

Une id�e lui est venue, et il murmure un ordre � un l�gionnaire. Il prend par le bras pour les faire s�avancer en premi�re ligne une dizaine des plus belles chr�tiennes, dont Agathe et ses amies font partie. Un l�gionnaire revient, porteur de tablettes de cire et d�un stylet trouv�s dans la biblioth�que d�Albus. Il tend � chaque chr�tienne l�une des plaques sur lesquelles Regulus leur intime l�ordre de graver leur nom et pr�nom. Les l�gionnaires enfilent une cordelette dans le bord sup�rieur des plaquettes qu�ils nouent autour de leurs cous.

C�est un sinistre cort�ge d�une soixantaine de femmes et de jeunes filles couvertes de poussi�re que les soldats poussent de leur lance devant eux. Les t�tes basses dissimulent � peine les macules laiss�es par les sanglots sur leur peau gris�tre.

 

- Un apr�s-midi sur le forum

La foule se presse sous les arcades. Artisans surgis des rues ou des venelles plus petites, marins dont le bateau a fait escale, matrones des bas-quartiers � la voix avin�e, forgerons, esclaves affranchis qui jouissent de leur libert� nouvelle ou charlatans, le bas peuple attir� par la rumeur de la capture des familles chr�tiennes se h�te vers le forum.

Le h�raut officiel, chantre des jeux du cirque, recommence toutes les deux minutes sa sinistre litanie, juch� sous le portique dor� qui s�pare le plus ancien forum de la ville, celui qui a vu na�tre la R�publique, du Champ de Mars.

� Approchez, approchez, Romains. N�ron vous invite � assister aux supplices des chr�tiens qui ont mis le feu � vos demeures. Demain, au Colis�e. En l�honneur des ides de juillet. Approchez, approchez� �.

Chacun dans la foule est heureux de se voir ainsi dispens� des traditionnelles offrandes aux dieux Lares. Des clameurs joyeuses montent de partout.

Clodia, �pouse du s�nateur Marcus Gaius, a fait arr�ter sa chaise � porteurs. Elle �coute la rumeur avec son amie Fulvia pendant quelques instants.

-�� �Ah, Fulvia, N�ron sait bien s�y prendre, d�cid�ment, voil� ce qu�attend le peuple, pas des discours de s�nateur �.

-�� �Comme tu as raison. Tiens, voici ce que disait hier encore Juv�nal, dans la biblioth�que des thermes de Caracalla :- depuis qu�on ne vend plus les suffrages, le peuple se moque de tout : lui qui, jadis, donnait les pleins pouvoirs, les faisceaux, les l�gions, tout enfin, ne veut plus que du pain et des jeux, panem et circenses �. Les cris de joie des badauds couvrent le discours.

Clodia l�ve les yeux au ciel et h�le un apprenti -boulanger qui pousse un cerceau devant lui :

        �Qu�est ce qu�il vient de dire, encore ? �. Le jeune gar�on met ses mains en porte-voix :

        �Il a dit que ceux qui savent �crire pourront voter et choisir le supplice des chr�tiennes �.

Atterr�e, Clodia se renfonce dans son si�ge et fait signe aux porteurs de repartir. Elle sait qu�elle ne pourra encore une fois se d�rober sans risquer de passer pour une disciple de ce J�sus-Christ, qui continue de perturber l�ordre �tabli soixante ans apr�s sa mort. Sa famille a perdu une partie de ses biens lors de la seconde r�volte des esclaves, et elle sait que les int�r�ts de sa classe sociale sont incompatibles avec les doctrines des chr�tiens. Elle se r�sout pensivement � l�id�e d�assister � ces r�jouissances bestiales avant de chasser de son esprit ces pens�es importunes.

 

Chapitre III Troisi�me jour.Dans les ar�nes du Colis�e.

 

- L�arriv�e

 

Agathe a naturellement pris la t�te de la petite colonne de prisonni�res qui vient de passer sous l�arc de triomphe de Constantin. Les derniers vestiges de l�incendie qui vient de ravager Rome sont maintenant d�pass�s. Follement inqui�tes, les femmes et les jeunes filles n�ont pas dormi un seul instant la nuit derni�re. Les hurlements de la foule qui leur compose une terrifiante garde d�honneur les terrorise. Elles savent bien que si elles n��taient pas encadr�es par deux lignes de l�gionnaires qui repoussent en permanence les flots de cette mar�e humaine, elles seraient happ�es et broy�es vives par ces m�choires haineuses.

A ses c�t�s, Regulus a install� toutes ses compagnes qui peuvent �tre identifi�es par leurs noms. Elles semblent soutenir Agathe comme une garde rapproch�e, et elle se sent plus forte.

Le cort�ge d�bouche bient�t devant le Colis�e, et comme chaque romain le fait chaque fois, marque une pause devant l�impressionnante enceinte ext�rieure compos�e de quatre niveaux, qui peut contenir environ soixante dix mille spectateurs. Tous les yeux parcourent les quatre-vingt arcades du rez- de chauss�e, avant de remonter jusqu�au dernier niveau o� des murailles pleines, rythm�es par des pilastres, sont divis�es en compartiments par�s de boucliers de bronze et agr�ment�s une fois sur deux de fen�tres carr�es.

Au-dessus tr�nent les velae, voiles en lin support�es par des m�ts, �tendues pour prot�ger de la pluie et de la chaleur les nobles spectateurs du dernier rang.

Les chr�tiennes et la foule se s�parent.

Les jeune femmes sont introduites dans les ar�nes par une porte de service qui vient de s�ouvrir devant elles, tandis que la foule envahit les gradins apr�s avoir franchi les quatre entr�es principales.

Des exclamations de surprise fusent de toute part :

Depuis la veille, les sapeurs de quatre centuries de la troisi�me l�gion, qui vient de s�illustrer en Germanie, ont construit de leurs haches quatre turris, les tours de si�ge � hauteur de murailles, dont les larges plate-formes dispers�es aux quatre coins de l�ar�ne semblent toucher les gradins m�dians.

N�ron a voulu que la foule puisse pleinement profiter du supplice des jeunes chr�tiennes depuis n�importe quel endroit. Il a bien s�r veill� dans son ordonnancement � ce que les tortures les plus spectaculaires soient appliqu�es dans la tour situ�e juste en face de la loge imp�riale.

A l�exception d�Agathe et de ses s�urs, qui les ont rejoint peu apr�s, les chr�tiennes ont imm�diatement descendu un grand escalier de pierres noircies, froid et sombre comme un s�pulcre. Au bout d�un labyrinthe de salles mal �clair�es, elles doivent rejoindre leurs cellules. Elles contemplent avec effarement la petite ville souterraine qui nourrit les jeux.

 

Le sable de l�ar�ne repose sur un gigantesque plancher de bois d�environ quatre-vingt dix m�tres de long et soixante de large. Dans le sous-sol, les bains, les cuisines, les r�serves, c�toient les pi�ces r�serv�es au mat�riel, ascenseurs, machineries, monte-charges et cages aux fauves. D��troits couloirs partent de la fauverie et m�nent � des trappes. Des feulements ont franchi les parois, et les chr�tiennes se sont regroup� en sursautant. Elles avancent dans le couloir principal d�un pas plus rapide, en sanglotant, comme si leurs cellules allaient leur offrir une protection durable.

Pendant ce temps, boulangers, forgerons, artisans, commer�ants, chevaliers de petite noblesse, soldats en retraite sortis de leurs villulae de Campanie, serviteurs r�compens�s d�un jour de cong� par leur ma�tre, donzelles nubiles et rougissantes, continuent de se presser dans les rang�es.

A l�oppos� de cette h�te, les patriciens, certains de trouver une place dans leur loge, ont franchi tranquillement le pont qui les s�pare de la salle de vote. Ils discutent avec animation des supplices qui vont �tre administr�s d�s cet apr�s-midi, et pour lesquels chacun d�eux a pu graver sur un petit papyrus le nom d�une des chr�tiennes expos�es quelques instants auparavant � leur bon plaisir.

 

- L�ouverture des jeux

 

Alors que les derniers spectateurs prennent place accompagn�s par les protestations de ceux qui sont d�j� assis, le h�raut charg� de faire le pan�gyrique des jeux les d�clare ouverts en l'honneur de Mercure.

Pour faire patienter la foule avant le triomphe de N�ron, des v�lites l�g�rement arm�s le remplacent au centre de l�ar�ne et se livrent � des simulacres de combats. Ils sont remplac�s quelques instants apr�s par des acrobates qui jonglent sans fin avec des balles. Au moment o� commencent � s��lever des sifflets, une clameur annonce l�arriv�e de N�ron, et le silence se fait.

Salu� par le son grave des cymbales, rev�tu de son trab�e, le manteau blanc des rois, N�ron vient d�appara�tre par la Porte Triomphale. Une clameur d�approbation �tonn�e jaillit des gradins. Car au lieu des habituels �talons arabes drap�s de phal�res clinquantes et scintillantes, ce sont quatre jeunes chr�tiennes qui tirent le quadrigae, le char imp�rial � quatre roues. En �tat de parfaite nudit�, chacune pousse en ahanant le joug fourchu qui lui est attribu�. Une sorte de licol barbare ceint leurs poitrines jeunes et fermes, sci�es par l�effroyable compression. Elles s�arr�tent, g�missent, repartent sous les applaudissements de la foule qui r�compensent leurs efforts insens�s.

N�ron leur fait accomplir le tour entier de l�ar�ne circulaire, tout pr�s des premiers gradins, afin que la pl�be puisse appr�cier les contorsions des fesses stimul�es par son flagrum, le fouet r�serv� aux esclaves fugitifs.

Lorsque l�une des chr�tiennes fl�chit un genou, ce sont ses propres s�urs qui l�exhortent � se relever et redoublent d�intensit� dans leurs efforts pour soulager sa peine.

Les pieds se crispent dans le sable tandis que siffle le fouet de N�ron. Les moqueries de la foule gagnent en intensit� tandis que les cuisses t�tanis�es semblent pr�tes � se rompre.

La ligne d�arriv�e en retour de la Porte Triomphale semble si lointaine�Des stries sombres marquent maintenant le dos des martyres. N�rona ralenti le rythme des coups de cravache, car il ne veut pas risquer de devoir descendre de son char devant la foule.

Les profonds sillons creus�s dans le sable grossier par les roues du char sont bord�s par les traces des larges gouttes de sueur qui d�goulinent sans r�pit des peaux luisantes.

Des rires s��l�vent lorsqu�� ces gouttes se m�le le sang menstruel de la plus jeune des chr�tiennes depuis que ses jambes flageolent. Maintenant, la marque de chaque station de leur interminable calvaire se trouve imprim�e dans le sable br�lant.

 

Calpurnia m�che des baies de geni�vre, car elle sait que sa bouche a conserv� l�odeur de la semence de son dernier client. La courtisane se penche sur le cou de Drusilla, sa jeune cousine, et susurre � C�est d�go�tant, �a. J�esp�re qu�on va voir de beaux supplices. Il para�t qu�il y a un �ne qui a un membre comme ta cuisse�. �. Drusilla a rougi, ce sont ses premiers jeux, et elle est tr�s troubl�e de voir ces pauvres femmes nues devant la populace. Ses sentiments sont tr�s m�l�s, elle ne parvient pas � discerner ce qu�elle ressent pour l�instant, mais son c�ur bat tr�s vite.

 

- La l�gion entre � son tour

 

Pr�c�d�s par le labarum, l��tendard imp�rial, chacun des trois manipules qui repr�sentent la IIIe l�gion est s�par� du suivant par une dizaine de chr�tiennes charg�es de cha�nes. Beaucoupont perdu leur stola, d�chir�e pendant les innombrables viols qu�elles ont subi la nuit derni�re dans le campement r�serv� aux vainqueurs des Sicambres en Germanie.

Les l�gionnaires ont d�abord march� au pas cadenc�, puis, au fur et � mesure qu�ils se rapprochent de la loge des s�nateurs, ils acc�l�rent l�allure et finissent par trottiner au pas gymnastique. Peu habitu�es � cette allure si particuli�re, les chevilles entrav�es des chr�tiennes s�emm�lent. Les centurions piquent de leur glaive les fesses t�te-b�che, pendant que la troupe continue de sautiller sur place pour conserver le rythme. Lorsque les chr�tiennes apeur�es et honteuses sont rassembl�es en un troupeau � peu pr�s ordonn�, les l�gionnaires reprennent leur marche, le torse fi�rement bomb�. Ils ont imperceptiblement r�tr�ci leur foul�e pour �viter un nouveau d�sastre.

D�s la fin du d�fil�, les chr�tiennes sont descendues dans leurs cellules, tandis que N�ron regagne sa loge. Quelques l�gionnaires et centurions, soigneusement tri�s, sont rest�s. Aid�s par une petite troupe d�esclaves suppl�tifs qui balaieront et nettoieront le sable pendant toute la dur�e des jeux, ils s�affairent � la pr�paration des supplices.

 

- dans le cachot

 

Les chr�tiennes se remettent difficilement de leur tour de piste. Seule la peur horrible qui noue leurs entrailles parvient � ralentir les soubresauts qui secouent leurs poitrines. Beaucoup prient maintenant, en sursautant d�s le moindre bruit. Les plus curieuses sont all� au fond de l�immense salle. Elles r�alisent que la cellule est plus basse que l�ar�ne d�un demi - niveau. Devant elles, � hauteur de poitrine et sur toute la largeur de la salle, des barreaux s�interposent, mais elles peuvent �tendre la main sur le sable.

Agathe et Elagia ont machinalement pris une poign�e de sable d�j� incandescent dans le creux de leur main, et elles le laissent s��chapper en �changeant un long regard accabl�.

Lorsque la lourde grille de bronze s�ouvre en g�missant sinistrement, elles se retournent et accourent vers l�entr�e.

Regulus n�a laiss� � personne d�autre le soin de leur apprendre le r�sultat du vote. Il r�cite d�une voix monocorde les supplices qui leur seront appliqu�s. Il veut par son z�le extr�me t�moigner � N�ron sa reconnaissance de lui avoir sauv� la vie. Il voudrait voir tr�s vite dispara�tre les traces de sa trahison.

Il n�a pas vu Agathe passer presque dans son dos et s�infiltrer entre les deux l�gionnaires qui l�escortent. Lorsqu�il se retourne, le crachat le surprend et l�aveugle. Les deux l�gionnaires ont lev� leur glaive, mais il les retient � Arr�tez�j�ai mieux pour elle�.et puis je vais m�en occuper personnellement� �. Un mince sourire avilit la beaut� de ses traits un peu f�minins. Il prom�ne un long regard sur ces femmes nues pour jouir de leur d�ch�ance et de leur peur avant d�ajouter. � Priez votre Dieu�oui�vous allez lui donner beaucoup de travail �. Il lance � la cantonade � et qu�on les lave tout de suite, elles puent autant que les tigres ! ! �.

 

- Livr�es aux b�tes

 

Pendant que les chr�tiennes sont forc�es de proc�der � leurs ablutions, la gorge serr�e par l��nonc� des supplices, les premiers animaux sont amen�s dans l�ar�ne. Trois grands �nes bruns de Thessalie d�filent � leur tour, tir�s par un esclave. Ils pr�c�dent une meute de dogues d�Abyssinie, impatients et affam�s, dont les aboiements rauques sont �touff�s par leurs museli�res. Plus loin, un esclave porte une cage partiellement recouverte d�un drap rouge.

Avec des cordes de chanvre qu�ils rel�chent doucement, les l�gionnaires ont laiss� descendre de l�g�res passerelles en fr�ne sur les turris. Chaque �ne monte lentement dans l�une des tours. L�esclave se dirige vers la turris qui fait face � la loge imp�riale. Cinq chr�tiennes, dont Livia, se pr�sentent dans l�ar�ne.

Agathe est accroch�e aux barreaux. Elle ressent dans sa propre chair la vuln�rabilit� de son amie, elle s�est mordu le poing en entendant les sentences �gren�es par celui qu�elle ne veut plus nommer, au point de ne m�me pas s�int�resser � son propre sort.

Les l�gionnaires s�emparent de quatre chr�tiennes pour les escorter en haut des tours. Trois d�entre elles sont attendues par un �ne dont les pattes ant�rieures reposent sur une large console. A coup de fouets, elles sont plac�es � genoux sous les ventres laineux et oblig�es en m�me temps d�administrer une fellation aux gigantesques membres puants et velus.

Agathe s�est rejet� en arri�re, profond�ment choqu�e.

Lorsque les �nes se mettent � braire, les chr�tiennes sont forc�es de prendre leurs place sur les consoles et de soulever leur fessier pour pr�senter leur vulve aux b�tes excit�es. Un concert de plaisanteries obsc�nes salue le spectacle d�un �ne dont le sexe immense doit �tre guid� dans le puits inviol� de la plus jeune des chr�tiennes.

Calpurnia a laiss� filer discr�tement son doigt entre ses jambes, tandis que Drusilla a la langue coll�e au palais. Les viols spasmodiques semblent maintenant devoir se prolonger ind�finiment, car les �nes manquent de stabilit� pour pouvoir �jaculer au fond des matrices qu�ils effleurent et p�n�trent alternativement.

 

Livia a �t� attach�e sur une table de marbre glac�e. Elle g�t, jambes et sexe largement �cart�s face � N�ron. Malgr� son cou li�, elle est parvenu � soulever l�g�rement sa t�te lorsqu�une rumeur ronflante a salu� la pr�sentation de la cage � C�sar. Elle distingue vaguement un animal familier, avant de fr�mir d�horreur lorsqu�elle reconna�t les moustaches d�un gros rat.

Elle a parfaitement conscience que les fragiles l�vres vulvairesd�une femme qui vient d�enfanter constituent un met de choix pour l��norme rongeur. Elle pousse un hurlement de d�sespoir � NOOOOOOONNNNN, C�sar, gr�aaaaaaaace �.

 

La derni�re chr�tienne, l�g�rement corpulente, est rest� au milieu de l�ar�ne. Soudain, elle est entour�e par une dizaine de l�gionnaires qui la guident � coups de pointes de leurs lances jusqu�� un portique. Elle s�arr�te devant un tapis de tessons de verres sur son chemin, mais doit le franchir en hurlant de douleur tant la pression des fers sur ses fesses est insupportable. Arriv�e pr�s du portique, elle roule dans le sable en sanglotant tandis que le sang dont ses pieds sont recouverts imbibe le sol.

Deux l�gionnaires se sont avanc�. Pendant que l�un maintient sans effort apparent ses bras dans le dos malgr� sa faible r�sistance, le second transperce par les c�t�s les deux grosses mamelles pendantes. Les deux l�gionnaires s�emparent de la lance par chaque c�t� du manche et la tra�nent sans m�nagement sous le portique. Malgr� ses hurlements atroces, elle est promptement soulev�e par les seins, et la lance repose maintenant sur les barres du portique. La chr�tienne suffoqu�e par la douleur a bien vite cess� de bouger pour ne pas augmenter sa souffrance incommensurable.

 

Livia a cess� de supplier. Elle est p�trifi�e depuis que la cage br�lante a �t� attach�e sur son ventre. Elle esp�re que le rat va peut-�tre s�endormir sur la chaleur de sa peau, elle croit pouvoir l�apaiser en restant immobile, malgr� le r�pugnant chatouillement de la moustache � travers ses poils pubiens. Elle voudrait tant que sa cr�te de coq violac�e soit moins pro�minente�Elle crie de toutes ses forces lorsque l�esclave s�avance porteur d�un tisonnier chauff� � blanc.

 

Les dogues sont l�ch�s. Ils ne tardent pas � flairer l�odeur du sang et � remonter la piste sanguinolente dans l�ar�ne. Les plus v�loces cherchent d�j� � mordre les pieds ruisselant de sang. L�esclave s�est violemment contract� en relevant les jambes d�s les premiers aboiements. Elle a hurl� � J�sus, mon Dieu, prot�gez-moi �. Mais rien ne peut interrompre le jeu cruel, et la foule attend patiemment l�inexorable. D�s que les pauvres pieds sanguinolents retombent, des m�choires claquent dans le vide. A ce jeu �puisant, chaque secousse constitue une nouvelle torture indicible pour les seins empal�s. Les d�chirures des glandes se sont progressivement accentu�, et des flots �carlates coulent de la poitrine mutil�e. A bout de forces, la jeune et plantureuse chr�tienne ne parvient pas � relever assez vite sa jambe droite, dans laquelle les m�choires du plus gros des molosses parviennent � rester incrust�es. Sous les clameurs du public, les seins sont lentement �tir�s avant de litt�ralement �clater comme une past�que trop m�re.

 

Tandis que les chiens d�vorent leur proie, les �nes sont maintenant tenus solidement, et un autre orifice leur est propos�. Tr�s prudes, les chr�tiennes, solidement attach�es maintenant sur les consoles, ne pratiquent pas la sodomie. Alors que les �nes parviennent difficilement � loger la pointe de leur membre dans les anus resserr�s, des l�gionnaires se placent derri�re eux et les fouettent violemment. Les chr�tiennes se sont �vanoui ensemble.

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Le hurlement de Livia a frapp� Agathe au fond de son c�ur. Elle n�a pu s�emp�cher de regarder la tour en fr�missant. Son ventre se contracte en imaginant ce que ressent Livia. Affol� sous les br�lures, le nuisible cherche � s��chapper � travers l�issue naturelle qu�il a reconnu. Il creuse de ses griffes irr�guli�res le trou que ses dents ont �largi. Il patauge dans le sang et �touffe un peu sur le ventre dont les spasmes fous l�emp�chent de trouver son �quilibre. Dans cette lutte atroce, Livia perd progressivement ses forces, mais le rat ne vaut gu�re mieux. Il s�acharne � fouir, d�vore les lambeaux de chair faits pour les caresses les plus d�licates, et devient aussi fou que Livia sous la br�lure permanente du tisonnier. Les hurlements de folle de Livia se prolongent un court instant apr�s que le pr�dateur ait cess� de bouger, puis cessent d�un seul coup. Agathe s�est mordu le poing et pleure.

Apr�s quelques gifles, les chr�tiennes �mergent du n�ant bienheureux. Elles ont �t� abandonn�es sur les tours. Elles sont en train de g�mir et de r�cup�rer doucement lorsque les dogues sont l�ch�s. Quand ils envahissent les plate-formes, chaque chr�tienne se jette par dessus les tours. En position de tortue, boucliers sur les t�tes et pilum point� en l�air, les l�gionnaires arc-bout�s sur les genoux embrochent les corps des martyres.

 

- Les gladiatrices

 

Sophonia et C�cilia n�ont pas assist� � la fin atroce de leurs proches. Leur physique d�coupl� leur a valu d��tre retenues pour l�un des combats � mort. Les sadiques patriciens ont particuli�rement appr�ci� qu�elles soient �galement s�urs. Dans la cellule r�serv�e aux gladiateurs, Lentulus Batiatus, le latifunda propri�taire de la fameuse �cole de gladiateurs de Capoue, tente de leur enseigner les rudiments de leurs armes. Deux esclaves aux torses nus huil�s et coutur�s de cicatrices l�accompagnent, les bras charg�s par leurs tenues de combat. Pour l�heure, Sophonia et C�cilia se sont blotties dans un coin de la cellule. Elles sont rest�es enlac�es � ressasser la terrible sentence de Regulus qui r�sonne encore � leurs oreilles. Elles ont accept�, oui, elles ont fait le choix de se combattre, chacune esp�rant donner � l�autre une mort prompte au lieu de l�abominable supplice r�serv� � celle qui sortira vainqueur de leur duel � mort.

Chacune caresse le visage de l�autre et essuie les larmes ruisselantes en la rassurant. Puis, fi�res et courageuses, elles se redressent et s�embrassent longuement. Dans une sorte de halo fantasmagorique, elles se sont laiss� parer de leur �quipement par les esclaves, enivr�es par la puissante odeur de musc qui �mane de leurs biceps saillants. En se tenant par la main, elles ont franchi la herse monumentale qui vient d��tre relev�e devant elles. Elles clignent des paupi�res, brutalement �blouies par l�intense r�verb�ration qui jaillit du sable presque blanc, puis cherchent d�un regard affol� la loge imp�riale.

Elles n�ont plus conscience d��tre nues sous leur armure, mais Sophonia est g�n�e de sentir ballotter ses seins pleins et fermes en forme de poire. Ses grands mamelons tr�s bruns sont visibles depuis les tribunes les plus �lev�es et suscitent des sifflements admiratifs des hommes les moins discrets. Lentulus Batiatus les exhorte de la voix, tandis que retentit un concert de tubae et de tambourins. A pas lents, le c�ur boulevers� par les insultes et les cris de joie de la foule, elles cheminent � pas compt�s et h�sitants, car leurs chevilles bronz�es �mergent difficilement du sable presque mouvant. Puis, leurs pas gourds s�affermissent lorsqu�elles se rappellent les derni�res paroles d�Agathe � Mourez dignement, mes s�urs, comme des chr�tiennes, et pardonnez-leur comme J�sus a pardonn� avant nous �.

Chacune jette maintenant un �il na�f sur l�armement de l�autre. Tout ce qu�elles ont retenu, c�est que C�cilia avait l�armement d�un r�tiaire, compos� d�un lourd filet de p�cheur et d�un trident, dont l�usage sera particuli�rement adapt� � son corps �lanc� et harmonieux. Cheveux courts, port royal d�un visage fin et allong� aux l�vres tr�s rouges, elle semble pr�te � dompter avec gr�ce un fauve avant de l�immobiliser et de le transpercer. Elle est simplement v�tue de braies pectorales, nue sous la ceinture et r�v�lant comme une cible id�ale une large toison sombre qu�elle ne songe plus � cacher en serrant les jambes.

Sophonia, plus r�bl�e, avec un large visage aux yeux rieurs, est simplement habill�e d�une ocrea, sorte de jambi�re qui descend sur ses cuisses depuis son entrejambe, en camouflant l�g�rement sa pilosit� blonde et soyeuse. Elle serre maladroitement ses armes, le lourd bouclier en cuir et le grand glaive du mirmillon, qui vont parer les coups de trident et couper le filet aux larges mailles. Il s�agit l� du duel le plus classique auquel la foule soit habitu�e.

Elles sont enfin parvenues devant la loge de N�ron et de sa suite, pour pouvoir prononcer d�une seule voix la formule rituelle :

- � Ave, Caesar, moriturae te salutant �.

Une �motion inconnue les a submerg� tandis que les lazzis faisaient place aux applaudissements. Elles ne peuvent retenir de nouvelle larmes en murmurant :���

- � Pardonne moi, je t�en supplie, car je dois te tuer �.

- � Je te pardonne, comme tu dois le faire aussi, car je veux t��viter cette mort atroce �.

- � ADIEU �.

- � A dans quelques minutes �.

Inconsciemment, elles viennent de s��carter l�une de l�autre. Alors que les bucinae mart�lent des notes claires et tranchantes, elles ont redress� avec des gestes path�tiques leurs armes. La sueur coule de leur front altier, que l�orage du combat gagne progressivement pour le plus grand bonheur des spectateurs. Yeux dans les yeux, leur posture s�affermit tandis qu�elles d�crivent un cercle qui se r�tr�cit peu � peu.

Le c�ur d�Agathe et des trois derni�res actrices bat aussi fort que le leur. Ce ne sont plus des sabres de bois et des boucliers de carton, dont le ballet �tait rythm� par la f�rule de Paulus Gracchus, le directeur de la petite troupe, qu�il s�agit maintenant. Elles ont bloqu� leur respiration lorsque Sophonia a port� le premier coup de glaive. Elle a l�g�rement tranch� le filet, mais pas dans ses �uvres vives, en �vitant facilement la riposte du trident dard� sans conviction par C�cilia. Elle a pu, dans ce bref contact, mesurer combien les mailles lest�es de plomb pouvaient constituer un pi�ge redoutable. Son second coup de glaive a l�g�rement effleur� la hanche de sa s�ur.

Elles se sont arr�t�es devant le premier sang, comme assomm�es par leur propre violence :

        � Mais�tu as vraiment voulu me tuer ! �.

        � Oui, comme toi�Oh, laisse moi t�aider � partir la premi�re, je t�en prie� �.

Sophonia est repartie � l�assaut. Les gouttes de sang carmin qui mouch�tent le sable ont r�veill� C�cilia de sa l�thargie hypnotique. Le harpon choque durement le bouclier tandis que le filet a vol� � la rencontre des chevilles. La foule a rugi son plaisir quand Sophonia a saut� � pieds joints, comme lorsqu�elles jouaient � la marelle. Ses seins ont douloureusement choqu� son bouclier, et elle se rejette en arri�re pour reprendre ses esprits. C�cilia la poursuit en moulinant avec son harpon, mais Sophonia met soudainement un genou en terre et fait opposition avec son bouclier. Emport�e par son �lan, C�cilia s�est rattrap� en faisant un grand �cart sur le sable. Elle a �t� gratifi�e au passage d�un coup de taille br�lant dont le tranchant d�vi� par le harpon a gliss� sur son fessier. Compl�tement r�veill�e maintenant, elle se sent brutalement humili�e telle une �coli�re, d�autant plus que le sable, insinu� dans sa vulve humide dont les l�vres sont rest� imperceptiblement �cart�es, la d�mange atrocement.

Dans un r�flexe incontr�lable, elle a dard� le trident en tr�buchant droit devant elle. L�une des pointes meurtri�res vient d��rafler profond�ment la base du sein droit de sa s�ur. Leurs sangs m�l�s, sang carmin contre sang vermeil, s�entrecroisent maintenant en curieuses figures g�om�triques cisel�es par les attaques et les ripostes. Elles rompent, se fendent, croisent leur fers en ahanant comme de vrais gladiateurs dans ce duel sublime qui crucifie les autres chr�tiennes.

La chaleur et la vue du sang les ont progressivement transform� en v�ritables tigresses, la bouche ouverte, le souffle court.

Sophonia perd pied la premi�re, son bouclier de plus en plus lourd au bout de son poignet ne se rel�ve plus aussi vite sous les coups de boutoir.

La pl�be a pouss� un cri soudain lorsque les pointes ac�r�es du trident ont �peronn� son opulent sein gauche. Le c�ur a �t� � peine effleur� par la transfixion, mais un bouillon de sang submerge le sable dor� lorsque les pointes �barb�es se retirent en lac�rant profond�ment les tissus adipeux et une partie des lobules de la glande mammaire.. Sophonia s��croule lentement � terre, presque sous les barreaux de la prison, comme si elle jouait dans une mauvaise pi�ce. Elle a port� la main � son sein avec un long hurlement de souffrance pour retenir sa vie qui s��coule � flots. Elle g�t face � Agathe et ses s�urs, puis trouve la force de ramper lentement jusqu�� la grille, pendant que C�cilia a jet� ses armes pour s�agenouiller et prier en attendant ses bourreaux .

Le bras d�Agathe a jailli � travers la grille pour soulager son calvaire, mais la main de Sophonia retombe lourdement avant qu�elle n�ait pu la saisir pour l�accompagner dans l�obscurit� qui l�envahit.

Ce sont deux des plus vieux centurions qui prennent C�cilia sous les aisselles avec une douceur surprenante. Elle se laisse faire, car elle d�j� quitt� ce monde dans sa t�te. Elle se place elle-m�me au milieu de la croix de Saint-Andr�, peinte en noir et dress�e au centre de l�ar�ne.Ecartel�e horizontalement entre les montants sur lesquels elle a �t� ligot�e, elle n�a cure du spectacle qu�offre sa fente b�ante et souill�e. Elle n�entend pas les commentaires obsc�nes des hommes et ne voit pas les moues de d�go�t des patriciennes. Elle entend � peine un chariot traverser l�ar�ne, elle ferme les yeux lorsque des esclaves installent leur mat�riel. Lorsque le silence se fait, quelque chose au-dessus de sa t�te lui masque le soleil. Un gigantesque encensoir est pendu au bout d�une cha�ne fix�e sur un portique ambulant. Le souffle d�un foyer de braises incandescentes pique l�g�rement ses narines et, tournant la t�te, elle aper�oit un grand chaudron dans lequel elle entend distinctement bouillir un liquide.

Lorsque les centurions plongent chacun une grande louche dans l�huile bouillante, C�cilia pousse un cri farouche devant la r�v�lation de son destin atroce :

- � NON, NON, NON, NOOOOOONNNNNNN, Je ne veux pas !!!!AGATHE, j�ai peur, arr�teeeeeez �. 

Agathe a hurl� en m�me temps qu�elle. Elle voudrait pouvoir partager son supplice et diviser sa douleur. Un court instant, elle croit ressentir dans sa propre chair les centaines de piq�res gr�sillant sur la peau de la jeune chr�tienne. L�un des centurions verse continuellement de l�huile dans l�encensoir tandis que l�autre tourmenteur le pousse avec un lent mouvement de balancier pour asperger soigneusement tout le corps magnifique de la jeune martyre. Il s�est esclaff� avec un gros rire de soudard:

- � Tiens, ma fille, moi aussi je te b�nis �.

Les gouttes d�huile cr�pitent sur la peau brillante. La foule �coute dans un silence religieux les g�missements insens�s qui ont succ�d� aux hurlements d�mentiels. La voix bris�e, C�cilia ne peut que se tordre vigoureusement dans ses liens, sans pouvoir �chapper aux br�lures ravageuses, mais pour le plus grand plaisir des romains fascin�s par les d�hanchements lascifs de son corps �l�gant. Les plaintes incessantes sont entrecoup�es par le clapotement de nouvelles gouttes visqueuses qui mordent dans la chair tendre des cuisses, de la vulve, des aisselles aux poils fondus, des bouts de sein couleur de caramel �rig�s par l�angoisse et stri�s de marques rouges. La poitrine faite pour l�amour est petit � petit ravag�e par de profonds crat�res, la peau �clate en dessinant des reliefs byzantins lorsque l�huile en fusion revient tarauder les m�mes plaies vives.

Lorsque le derme de la jeune martyre est enti�rement ruin�, les soldats rel�vent la croix, tel un gisant de pierre. La foule a pouss� un � oh � d��tonnement, car le corps sanguinolent qui leur est pr�sent� ne m�rite plus le nom de femme. Tandis que l�un des centurions cale la croix dans un trou profond, l�autre s�est empar� d�un fouet en plumes de casoar. Ainsi, les lamelles de peau pendante sont arrach�es d�licatement par un simple effleurement. Le centurion est un expert de son instrument dont il joue comme un musicien de sa lyre. Il pourrait prolonger ind�finiment le supplice qui a suffoqu� C�cilia. Sous cette fouaill�e t�nue qui n�arrache pas les chairs, la peau des cloques et des ampoules dispara�t par menus lambeaux, mais la finesse de l�abrasion des innombrables terminaisons nerveuses � vif constitue un tourment bien plus terrible. Elle est en �tat de choc, alors que N�ron a interrompu son repas pour la premi�re fois depuis trois heures. Il a tenu � ce que les deux centurions particuli�rement inventifs soient r�compens�s de mille sesterces chacun.

Le soleil s�est cach� derri�re la Porte Triomphale. Certains commencent � se lever, d�autres pr�f�rent assister au rel�vement de la croix par quatre esclaves. Un vol de corbeaux s�est pos� sur le hauban d�une vela. Ils attendent que le corps de C�cilia ait �t� d�pos� sur l�une des turris.

Agathe s�est rejet� en arri�re en bouchant ses oreilles. Elles sait qu�une longue nuit sans sommeil vient de d�buter.

 

Chapitre IV A l�aube du quatri�me jour .

- dans l�horreur de la nuit

 

Les hurlements insupportables de C�cilia ont vrill� leurs oreilles toute la soir�e avant de se transformer en pleurs lancinants, puis en g�missements inaudibles. Elles ont tout vu sans pouvoir intervenir, repouss�es dix fois, vingt fois des grilles par les lances des l�gionnaires. Elles ont du assister � l�atroce cur�e, au spectacle de la mutilation progressive de ce corps parfait lac�r� par les coups de bec m�caniques. Le vol noir qui s�est abattu sur la plate-forme a cess� de tourbillonner apr�s que les pr�dateurs les plus redoutables aient trouv� leur morceau de pr�dilection. C�cilia a tr�s vite perdu ses yeux, �clat�s en gel�e sanguinolente qui perle sur les plumes lisses. Elle ne sait plus o� le prochain impact portera et elle hurle sans retenue. Dans le halo rouge�tre des torches, les corbeaux soul�vent de temps � autre sur les derniers spectateurs pr�sents, un �il � la fixit� inqui�tante. Les becs orang�s sont napp�s d�un sang vif dont les gouttes s��vadent lorsqu�ils secouent la t�te pour rattraper des lambeaux de chair qui leur �chappent. Ce sont bien s�r les parties les plus tendres du corps qui ont �t� d�chiquet�es les premi�res. Les bouts de sein �taient une offrande qui le disputait � l�invitation du sexe b�ant et des cuisses diaphanes. Apr�s les premi�res mutilations du corps arqu�, la statue de chair vive a constitu� un s�maphore pour toutes les bandes de corbeaux qui nichent dans la ville et viennent se succ�der pour continuer de d�charner le corps de la c�leste vierge.

 

Au petit matin, les chr�tiennes ont pu voler quelques minutes de sommeil, qui ont accentu� leur h�b�tude sans les reposer pour autant. Elles se comptent et se recomptent en silence, chacune se maudissant d�esp�rer qu�elle ne sera pas appel�e la premi�re.

 

Dans l�ar�ne, les esclaves s�affairent � ratisser le sable et � d�barrasser la turris des restes de C�cilia. Ils v�rifient aussi la solidit� de l�ouvrage �difi� au dessus de l�euripe, le foss� rempli d�eau qui isole les fauves des gradins des spectateurs.

Des bruits de cha�nes, des frottements, des rugissements, attestent de l��veil du ventre de l�ar�ne.

La journ�e sera terrible, puisqu�une dizaine d�entre elles seront livr�es en p�ture aux �l�phants et aux buffles, tandis que d�autres seront crucifi�es ou directement tortur�es.

Agathe est presque �puis�e, elle a v�cu chaque supplice comme s�il s�agissait du sien, elle a insult� les romains et re�u un coup de fouet qui z�bre encore son beau visage terrible, accentuant la flamme de son regard. Maintenant, elle ne lutte plus, elle ne rel�ve m�me pas la t�te quand les centurions viennent pr�lever leur inf�me tribut. Elle sait de toute mani�re que son heure n�est pas venue, que Regulus l�a choisie pour �tre le clou du spectacle, et qu�elle devra subir comme un ch�timent suppl�mentaire d�assister aux tortures de toutes ses amies.

Certaines parmi ses s�urs ont encore la force de se rebeller, dans une tentative poignante pour reculer l�in�luctable �ch�ance. Le claquement des fouets surpasse bien vite les g�missements et les supplications. Certaines chr�tiennes qui avaient pu pr�server un lambeau de v�tement, se voient arracher le dernier vestige de leur pudeur. Elles doivent maintenant attendre, droites, les mains le long du corps, sous peine d��tre fustig�es quand elles tentent de d�rober aux regards

salaces leurs fentes et leurs pauvres seins meurtris par les coups et la torsion des poignes pendant les viols.

 

- Les romains s�amusent.

 

La pl�be est venue de bonne heure r�veiller les murs de l�enceinte assoupie. C�est une journ�e encore plus chaude qui s�annonce, et les hommes ont pu remplir leurs gourdes du vin �pais offert par les intendants du palais imp�rial. � Du vin et des chr�tiennes supplici�es, il fait bon vivre sous N�ron �, chantent des gosiers assoiff�s. Les femmes sont en tenue l�g�re, dans des tissus aux tons battus presque transparents, simplement rehauss�s de bijoux aux gemmes rutilantes et de voiles aux couleurs vives. Les robes les plus scandaleusement �chancr�es sont de sortie aujourd�hui, comme si l�atmosph�re de sensualit� pr�ludait � une gigantesque orgie. M�me les vieilles femmes sentent qu�elles auront leur chance au milieu de tant de m�les � la lubricit� exacerb�e par les tortures.

Le h�raut entre en grandes pompes dans l�ar�ne sous le mart�lement des cymbales. Apr�s avoir obtenu le silence d�un geste solennel, il d�clame le sinistre programme avant de laisser place aux habituels spectacles de jonglerie. Pendant que des funambules passent d�une turris � une autre en marchant sur des filins, les mains solidement accroch�es � leur perche, le traditionnel d�fil� des licteurs, dont les haches par�es d�un faisceau de verges sont parfaitement align�es, va pr�senter ses hommages aux premiers magistrats de Rome.

Dans la loge patricienne, Clodia baille sans chercher � dissimuler son ennui � son �poux, le s�nateur Marcus Gaius ; de guerre lasse, il se tourne vers leur amie Fulvia et reprend leur diatribe inachev�e sur la derni�re pi�ce � la mode. Ils ne savent pas qu�ils vont revoir Agathe et ses s�urs qui les ont tant charm�s une semaine plus t�t.

 

Les instruments se sont tus. Dans ce moment solennel, les conversations se sont arr�t�, car chacun va s�int�resser au visage et au corps des supplici�es et savourer par anticipation le ch�timent qui leur est r�serv�.

Deux chr�tiennes s�avancent en chancelant sous les coups de fouet.

Clodia sursaute et se tourne vers son �poux en se levant � moiti�  :

- �C�est r�pugnant ! Ne peut on recouvrir le sexe de ces malheureuses ? Qu�on leur donne au moins un subligar, sinon je m�en vais �. G�n�, Marcus d�tourne la t�te en sifflant entre ses l�vres :

- � Tu n�en feras rien. Pas question de se faire remarquer sous les yeux du fou qui nous gouverne. Tu fais semblant de regarder et d�applaudir, mais tu te rassieds et tu restes �.

Vaincue, mais pas soumise, Clodia se rassoit en faisant semblant d�arranger sa robe :

� D�s que ces maudits jeux seront finis, ne me refuse pas une nouvelle fois d�aller passer un mois entier dans notre villa de Capri ! ! �.

 

- Les �l�phants de combat

 

Un barrissement prodigieux passe sous les colonnes de la Porte Triomphale. Les yeux de la foule se partagent entre l�arriv�e des �l�phants d�Afrique et la flagellation des jeunes chr�tiennes. Elles courent dans l�ar�ne pour �chapper au long fouet coupant des centurions. Au nombre d�une dizaine, ils ont accul� au pied d�une des turris les jeunes corps d�nud�s � grands coups de fouet. Les longues lani�res aux bords biseaut�s cinglent sans r�pit les dos, les fesses et les seins moelleux que leur pr�sentent alternativement les deux jeunes femmes. Folles de douleur, elles tentent d�amortir les cingl�es atroces des m�ches en cuir de rhinoc�ros en changeant continuellement de position. Pour le plus grand bonheur de la foule et particuli�rement des anciens esclaves, elles semblent rebondir en permanence sur le sable, debout ou couch�es, se tortillant comme des vers au bout d�une ligne en clamant leur innocence, en pleurant pour un peu de piti�. Le torse marbr� de tra�n�es purpurines, elles gisent enfin pantelantes dans le sable. Elles sont � peine conscientes d��tre soulev�es tandis que le sol tremble sous leurs corps. Elles clignent des yeux pour distinguer l�ombre qui a envahi le ciel au-dessus de leurs t�tes. Les trompes des deux vieux m�les s��l�vent telles des tubae pour clamer un d�fi qui r�sonne longuement parmi les gradins. Les cornacs font agenouiller les �l�phants de combat, rompus � la discipline militaire, et dont les pattes ont r�duit en pulpe sanglante tant d�adversaires de Rome. Les jeunes chr�tiennes ont trouv� la force de prier, et dans leur cellule, les autres martyres les accompagnent tandis qu�elles sont attach�es aux t�ti�res qui ceignent le cr�ne profond des �l�phants. Les immenses oreilles claquent, �nerv�es par ce fardeau suppl�mentaire qui obscurcit presque totalement la vue des pachydermes. Apr�s les avoir �loign�s l�un de l�autre d�une cinquantaine de m�tres � coups de pique, les cornacs se sont laiss� glisser le long de leurs flancs.

Les �l�phants se voient � peine, mais se cherchent tout de suite. Apr�s un long barrissement agressif qui leur a permis de s�orienter, ils se meuvent pesamment sous les cris de la foule. Ils chargent avec la col�re aveugle qui caract�rise ces duels � mort. Les d�fenses ac�r�es se sont choqu� dans cette premi�re passe d�armes. Tels des chevaliers ayant rompu la premi�re lance, ils se sont jaug�. Les trompes fr�missantes retombent lourdement lorsqu�ils s��branlent plus lentement pour ne pas se d�passer. Juch�es sur le casque de combat br�lant, leurs pieds poussant d�sesp�r�ment sur le sommet de la trompe rugueuse, les jeunes vierges ont ferm� ensemble les yeux. Le choc t�te contre t�te a �t� terrible, broyant irr�m�diablement les jambes des jeunes martyres. Des chairs �clat�es sourd des rigoles de sang qui aveuglent et excitent davantage les pachydermes. Les mastodontes ont pris solidement appui dans le sable et poussent t�te-b�che. Les hurlements de douleur indicible des martyres se m�lent aux barrissements sauvages. Les t�tes des �l�phants s�inclinent de plus en plus bas tandis qu�ils s�enfoncent davantage dans le sable. Parfois, la foule discerne l��clair blanc d�une d�fense qui se d�gage de l�enchev�trement de carapaces et de chairs �clat�es. Elle trouve toujours son but, lac�rant un peu plus � chaque fois les pauvres corps supplici�s. Encorn�es, �cras�es, les jeunes chr�tiennes se sont d�j� tues depuis longtemps lorsque l�un des mastodontes s�effondre lentement sur le flanc. La foule est rest�e longuement abasourdie, non par piti� ou regrets, mais � cause de la puissance monstrueuse d�gag�e par cette joute d�un autre �ge qui a sembl� fissurer les enceintes de l�ar�ne.

 

Le vainqueur du duel est d�lest� de la masse de chair informe qui dessine un hideux cataplasme sur son front. Le cadavre du vaincu attel� � ses flancs puissants, la montagne de chair d�gage majestueusement les lieux.

 

- duel de chars

 

A l�autre bout de l�ar�ne, deux jeunes nourrices dont la v�ture a �t� �pargn�e, ont fait leur apparition. Des bandelettes de lin soulignent la fr�quence de leur allaitement. Elles avancent comme �teintes, pr�tes � mourir, tout � la douleur d�avoir perdu leurs nouveaux n�s embroch�s par les l�gionnaires. Leurs seins d�bordant de vie sont douloureux de n�avoir pas rempli leur fonction nourrici�re depuis quatre jours. Le lait goutte des bandelettes, � leur grande honte.

 

Agathe n�a jamais enfant�, mais elle mesure parfaitement ce que doit �tre ce poids qui les accable. Elle sursaute ! Regulus est � ses c�t�s. Le fourbe est entr� discr�tement dans la cellule, pendant que les chr�tiennes �taient absorb�es par le combat �pique. Il murmure discr�tement � son oreille � Tu ne trouves pas que ces pauvres chr�tiennes sont ridicules avec leurs grosses t�tasses pleines de lait qui pendouillent ?�. Agathe est interloqu�e par cette nouvelle familiarit� qui d�tonne compl�tement avec leurs derniers propos. Avant qu�elle ait pu ajouter un mot, Regulus ajoute � Puisque leurs seins ne leur servent plus � rien, N�ron, dans son imp�riale bont�, a d�cid� de les en soulager �. Il a pris fermement le menton d�Agathe entre ses doigts pour d�tourner implacablement son regard en direction des deux trigae qui viennent de d�buter un tour d�honneur, qui sera bient�t un tour d�horreur.

 

L�action se pr�cipite tr�s vite lorsque les deux jeunes m�res sont brutalement saisies. Apr�s une courte m�l�e, elles sont pr�sent�es nues � la foule au bout des bras des robustes centurions, qui les tiennent fermement sous les aisselles. Les jambes battantes r�v�lent � l�envi les vulves roses cach�es par les buissons tr�s bruns. Les centurions se plaisent � tourner leurs proies de tous les c�t�s de l�ar�ne, soulevant les fortes mamelles, les pressant pour faire jaillir le lait cr�meux en l�chant leurs doigts. Ils expliquent � tour de r�le comment les auriges vont proc�der.

 

Les conducteurs de chars sont pr�cis�ment en train de parader. Ils portent un casque chamarr� de plumes exotiques, avec des visi�res largement ouvertes. Les torses puissants sont nus, mais les avant-bras sont recouverts de brassi�res de cuir aux couleurs des deux plus grands quartiers de Rome. Leurs fins destriers de sang arabe semblent d�placer le char sur un nuage de poussi�re. Des parieurs soup�sent le poids des drachmes dans leurs bourses en jaugeant le meilleur �quipage. Tous ont not� avec soin les deux grandes faux qui jaillissent perpendiculairement devant les roues, juste sous le hayon des chars. Les lames impitoyablement ac�r�es jettent des �clairs flamboyants lorsqu�elles r�fl�chissent le soleil qui arrive � son z�nith. L�un des auriges se taille un joli succ�s lorsqu�il d�capite un piquet en bois au terme d�une course habile.

 

Les centurions ont repos� leurs victimes devant deux croix de Saint Andr� plant�es tr�s bas sur le sol, �cart�es parall�lement � la loge de N�ron d�une vingtaine de pas. Les chevilles et les poignets des jeunes nourrices ont �t� attach�s, au bout de tr�s longues cordes, � quatre larges m�ts en bronze solidement fich�s dans le sol. Afin de maintenir parfaitement rigides le corps des chr�tiennes, face au sol, les centurions ont introduit des tourniquets pour resserrer leurs liens. Les pauvres martyres ont commenc� de g�mir sous l�atroce pression qui les �cart�le, tandis que leurs seins, pendant tels des pis, sont pr�sent�s � la luxure de la populace. Elles sont bient�t entrav�es si �troitement que les nobles mamelles interrompent leur sensuel balancement.����

 

Sera d�clar� vainqueur celui qui le premier aura tranch� deux seins sans avoir rompu sa faux sur les pieux de bronze�

 

C�est N�ron qui a baiss� le bras pour donner le d�part de la course d�moniaque. En conducteurs exp�riment�s, les auriges ont claqu� du fouet la croupe des pur-sangs pour les mettre au trot. Il va s�agir de ne pas aller trop vite pour pouvoir man�uvrer le char, sans �tre distanc� pour autant. A peu pr�s � la m�me vitesse, les deux chars se sont pr�sent� en m�me temps aux abords des croix. Ils ont imperceptiblement ralenti pour d�vier leur course. Coup manqu� pour l�un, simple effleurement du torse pour l�autre. Une clameur collective a salu� le premier sang. Rapidement, � l�autre bout de l�ar�ne, les auriges descendent de leur trigae pour proc�der � quelques r�glages, des roues pour l�un, de la faux pour l�autre. Puis ils repartent presque simultan�ment, tr�s vite. Leur ronde infernale est mieux affirm�e, ils passent plus vite, plus pr�s. Les lames semblent d�chirer l�air incandescent. Un cri atroce s��l�ve. Une mamelle a �t� profond�ment tranch�e, et un sang vermillon arrose largement le sable sous le ventre de l�une des chr�tiennes.

Le troisi�me tour va entra�ner immanquablement la dichotomie d�au moins un sein, tous les spectateurs en sont convaincus et ils retiennent leur respiration d�s le d�but de la reprise.

 

Seule, Calpurnia mange tranquillement une pomme, sans manifester la moindre solidarit� de sexe � l��gard des jeunes supplici�es. Drusilla d�tourne la t�te, presque choqu�e d�entendre ses dents croquer gaiement dans le fruit acide.

 

Tr�s vite, un premier sein g�t sous les flancs d�une chr�tienne, arros� par une fontaine de sang carmin. Les cris atroces de la jeune chr�tienne sont �touff�s par les f�licitations de la foule. Le second aurige ne tarde pas � se distinguer � son tour, sa faux, habilement pr�sent�e apr�s avoir �vit� le piquet de bronze, tranche dans la chair vive et parach�ve l�ablation du sein d�j� entam�.

Quelques secondes apr�s, faisant fi des hurlements d�agonie des jeunes nourrices, les auriges raccourcissent en m�me temps les deux autres mamelles.

Est donc d�clar� vainqueur celui qui a tranch� le premier sein. Les jeunes femmes se sont heureusement �vanoui, elles ne voient pas leurs seins exhib�s devant la foule sur les boucliers d�argent tenus � bout de bras par les auriges. Les superbes appas qui ornent le secutor, le grand bouclier des mirmillons, semblent l�offrande � l�app�tit de la foule de quatre beaux fruits juteux napp�s d�un grain de raisin.

Drusilla contemple avec une fascination horrifi�e son voisin, un vieillard avec le nez busqu� d�un autour. La glotte de son cou d�charn� de poulet, recouvert d�une maigre chaume blanche mal ras�e, se soul�ve spasmodiquement tandis qu�il fixe les seins complaisamment promen�s sous ses yeux.

 

- le sacrifice magnifique

 

Agathe ne croit pas ce qu�elle a entendu. Regulus r�p�te doucement qu�il est pr�t � �pargner les derni�res chr�tiennes si elle lui fait don de son corps. Elle secoue la t�te, incr�dule, c�est un pi�ge, elle ne le croit pas. Des sentiments confus l�agitent, alors qu�elle se sent encore attir�e physiquement par lui. Elle pourra peut-�tre le tuer, ou faire �vader les filles, ou les aider autrement en plaidant leur gr�ce aupr�s de N�ron�Puis, tr�s vite, elle se d�cide. Tout vaut mieux que rester dans cet enfer. Elle refuse la main que lui tend Regulus et sort en le pr�c�dant. Les chr�tiennes lui font une haie d�honneur, car elles pressentent que la jeune femme va se sacrifier pour elles. Certaines s�agenouillent et baisent sa stola. Agathe rougit et les rel�ve en caressant leurs tresses.

 

Elle se tient nue devant Regulus. Il contemple un long moment le corps magnifique qu�il a r�v� de poss�der d�s le premier instant. Il peut tout demander, tout obtenir. Il sait qu�elle est vierge, et qu�elle va d�couvrir avec lui l�amour, la douleur et l�humiliation en m�me temps. Il lui ordonne de se tourner, car il ne veut pas l�embrasser, ni voir ses grands yeux fouiller son �me. Il lui commande en termes crus de se baisser et d��carter ses cuisses en posant les mains sur un banc. La chambre de repos des gladiateurs n�a jamais connu plus belle femme. Les prostitu�es ont impr�gn� les tentures pourpres des senteurs de leurs lourds parfums, qui se m�lent aux remugles de fauves en rut exhal�s par les for�ats de l�ar�ne.

Il caresse longuement la cambrure parfaite qui tressaillit. Agathe ne peut emp�cher une vague de d�sir de la submerger, malgr� la posture humiliante que l�assassin de ses s�urs l�a oblig�e � prendre. Lorsque ses aisselles sont doucement effleur�es par des doigts fins et exp�riment�s, elle ferme les yeux en se mordant la l�vre. Les mains de Regulus se referment bient�t en conque sous ses seins. Elle ne peuvent que soulever doucement les vastes mamelles et jouer avec les pointes oblongues. Lorsqu�elles sont devenues tr�s dures, Agathe attend comme un soulagement la p�n�tration du glaive parfaitement rigide entre ses grandes l�vres. Elle a tout oubli� pour l�instant, au moment de se d�couvrir femme. C�est elle qui a �cart� davantage les cuisses pour happer plus profond�ment le membre viril. Elle provoque elle-m�me sa d�floration en s�empalant brutalement alors que Regulus �tait encore en train de jouer avec l�ouverture de sa vulve. Elle sait que son sang m�l� � ses s�cr�tions intimes d�gouline le long de sa jambe, mais elle n�en a cure, attentive � la mont�e de son premier orgasme de vraie femme.

La jouissance fulgurante la submerge tandis que Regulus s�est content� de laisser fich�e son arme dans ses entrailles sans participer plus activement. Lorsque Agathe se redresse au bout de longues secondes, le souffle court, honteuse d�avoir feul� son plaisir par une journ�e aussi tragique, elle trouve point�e devant son nez la colonne de chair turgide macul�e par ses propres souillures. Elle sait ce qui est maintenant attendu d�elle, elle ouvre la bouche pour protester quand elle entrevoit, pendant � la ceinture du commandant de la garde imp�riale, les cl�s de leur cellule. Telle une prostitu�e, elle referme doucement ses l�vres sur le gland suintant. Elle sait qu�elle va devoir conduire le centurion aux portes de l�oubli total pour d�rober les cl�s de leur libert�. Choqu�e par l��cre senteur du p�nis recouvert de son propre sang, elle s�imagine courtisane �gyptienne, dispensant de suaves baisers � Pharaon sous l�ombre de quelque palmier exotique. Elle embrasse amoureusement les testicules qu�elle a soulev� dans sa main gauche. Sa main droite caresse le flanc de Regulus, tandis que sa langue s�active le long du filet, qu�elle nettoie longuement. Regulus a pris sa t�te par les cheveux pour l��carter lorsque les frissons de plaisir qui le submergent deviennent insupportables.

Agathe s�est habitu� au go�t de fruit de mer tr�s sal� qui l�a submerg� lorsque les premi�res gouttes de liquide s�minal se sont ajout�es � son propre sang. Maintenant, elle prend du plaisir � manipuler la verge de marbre comme si elle allait la traire avec son poignet gauche dans sa propre bouche. Sa main droite continue de remonter doucement en direction de la ceinture de son ennemi. Le sexe dilat� commence maintenant � marteler le fond de sa gorge car Regulus ne peut plus attendre pour se lib�rer. Son instinct de femme sensuelle la pousse � aspirer irr�sistiblement pour accueillir la s�ve. Sa main s�est referm�e sur la cl� avec un contr�le admirable de ses sens. Elle pompe fortement une derni�re fois l��me de Regulus, qui se rend t�te en arri�re avec un long cri �touff�. Agathe introduit prestement la cl� au fond de son r�ceptacle naturel dont l�hymen d�chir� ne constitue plus un obstacle.

Quand elle rel�ve la t�te, toute honte bue, elle lit le mensonge dans le regard p�tillant de sadisme de Regulus.

� Conduis-moi � N�ron pour que je demande gr�ce pour mes s�urs, au moins �.

� J�ai bien peur que N�ron ne soit pas visible en ce moment, il est au milieu de son repas. Si on le d�rangeait, je crains que des supplices plus terribles ne vous attendent �. Il n�a pu s�emp�cher de rire de son bon mot. Agathe le hait froidement, m�me si une part de lui est comme incrust�e au fond de sa matrice. Elle se retient de se jeter sur lui pour ne pas perdre sa cl�. Elle dit simplement : � Romains, vous �tes des monstres �. Regulus pr�cise sombrement � Non, nous sommes simplement les ma�tres du monde �.

 

- la fin des amantes

 

Lorsqu�ils redescendent dans la cellule, des murmures saluent le courage d�Agathe, les femmes savent ce qu�ont juste devin� les jeunes filles. Agathe n�est plus vierge, mais le sacrifice de sa pudeur n�aura servi � rien, car Regulus vient d�inviter deux nouvelles combattantes � le suivre.

 

Casilda et Elagia se d�signent du doigt. Elles refusent de croire ce qu�elle ont entendu. Les opposer dans un combat � mort est absurde, elles ne peuvent seulement pas l�envisager. Elles se cachent le visage pour masquer leur douleur et leur peur. Agathe a le temps d�essuyer leurs larmes juste avant que les gladiateurs de Lentulus Batiatus ne s�emparent des pauvres victimes pour les pr�parer.

Dans la chambre d�appel, elles sont enti�rement d�v�tues avec c�r�monie, honneur soit rendu aux combattantes m�me si ce ne sont que de mis�rables corps tremblant de peur et de froid. Les deux amantes, les yeux brouill�s de larmes, voient le corps tant aim� de l�autre souill� par les regards des velus, la gente oppressive et honnie. Les vulves si souvent caress�es semblent �carlates de honte, les seins de taille moyenne mais finement dessin�s sont dress�s pour un combat qui ne sera plus amoureux. Regulus a appr�ci� en connaisseur les corps harmonieux faits pour l�amour et sait que le spectacle sera de qualit�. Avec perversit�, il rappelle que N�ron peut gracier le vainqueur d�un beau combat si la foule le demande.

Casilda et Elagia, but�es, continuent d�entendre les paroles de Regulus alors que Lentulus Batiatus leur explique le maniement de leur arme. Pouss�es par la pointe des lances, elles passent sous la herse lugubre et font lentement leur entr�e dans l�ar�ne, la sica � la main. Le court poignard au tranchant effil� comme un rasoir est l�arme qui oppose nus les thraces, les vifs natifs de Thessalie, dans des duels � mort sous le regard br�lant des patriciennes dans les �coles de gladiateurs. Casilda et Elagia ne r�alisent pas tout de suite que ce sont elles que la foule applaudit.

Elles cherchent stupidement autour d�elles les autres combattants. Quand leurs fesses sont � nouveau piqu�es jusqu�� ce que le soleil dessine leur ombre immense au milieu de l�ar�ne, elles comprennent brusquement comment leur vie va basculer dans quelques instants. Elles se frottent les yeux, hagardes, les cris de la foule les so�lent, l��clat des bijoux rutilant parmi toutes les couleurs de l�arc-en ciel les �blouit. Elles tournent en aveugles sur elles-m�mes et finissent par se bousculer. Chacune a eu peur de l�autre en m�me temps, ce contact les affole, elles se mettent en garde maladroitement. La t�te vide, les jeunes corps se r�vulsent � l�id�e de mourir. Tuer pour ne pas mourir est un r�flexe avant de penser � tuer pour survivre. Les poignards s�affermissent au bout des poignets, la danse de mort que conna�t si bien la foule peut commencer. Elles se tournent vers la loge imp�riale et prononcent ensemble :

� Ave Caesar, moriturae te salutant �.

 

Clodia a repris un certain int�r�t pour le spectacle qui n�est plus la boucherie sordide du matin. Elle se souvient tout de suite des combats que son �poux l�oblige � voir de temps en temps � Capoue, chez ce rustre de Batiatus qui la d�vore des yeux. Elle trouve assommantes ses explications techniques � son mari, mais elle est fascin�e par les longs sexes de fauves qui battent sur les cuisses des combattants, m�me si elle feint de ne rien en laisser para�tre. Marcus Gaius n�est jamais dupe, tant il sait que la nuit prochaine son �pouse ne le laissera pas s�endormir avant l�aube. Parfois, une coupure sur les verges, ces cibles privil�gi�es, la fait venir, langue coll�e au palais, l�vre rong�e au sang.Marcus Gaius s�est l�g�rement relev� de son si�ge, car il lui a sembl� fugacement reconna�tre les gladiatrices.

 

Les amantes sont tomb� en garde par r�flexe, comme tant d�autres gladiateurs avant elles. Les mottes ch�ries leur apparaissent comme le trou noir de l�enfer dans lequel aucune ne veut tomber. La poitrine de l�autre semble tressauter grotesquement, le go�t de leurs baisers leur r�pugne brutalement. Elles ont soudainement honte de leur diff�rence �tal�e au grand jour, dont chacune veut punir l�autre. La passion autant que l�ardeur du soleil �chauffe rapidement les jeunes corps. La sueur se m�lange aux huiles parfum�es dont leurs torses ont �t� oints.

 

Elagia se fend maladroitement la premi�re, et tombe le nez dans le sable sous les rires de la foule. Casilda est rest�e immobile, incapable de prendre son avantage. Elagia roule � terre pour s��carter et se rel�ve. Casilda fonce enfin, la sica point�e droit devant elle. Elle �ventrerait un ours, mais Elagia s�est d�rob� comme devant un taureau furieux, en dardant par r�flexe le glaive brillant. La ligne de l��paule de Casilda est profond�ment entam�e, la clavicule appara�t un court instant avant d��tre noy�e sous une rigole vermeille. Elle grimace, ploie le genou, et se jette presque, en rampant furieusement, sur celle qui l�aimait hier. Elagia a pu saisir son poignet avant que le fil de la sica s�enfonce compl�tement dans son ventre. Une plaie profonde lui dessine une ceinture de sang. Elles roulent ensemble � terre, leurs l�vres se cherchent pour se mordre. Elles ont tant explor� leurs corps qu�elles en connaissent les moindres secrets. Les lames des sicae s�incurvent au bout des poignets bloqu�s pour crever un �il, balafrer la joue qui a tant r�confort�, d�couper les mamelons tendrement aspir�s jusqu�� l�aube. Elles hurlent de souffrance et de col�re chaque fois que les rasoirs fendent les peaux sous la pellicule de sable ocre.

 

Le spectacle est d�une beaut� et d�une sauvagerie exceptionnelles. Nul doute que la foule demandera la gr�ce de celle qui se rel�vera. La lutte se prolonge depuis quelques minutes d�j�, et sous les deux furies, la t�che de sang sur le sable s��largit de plus en plus.���

 

Ce sont maintenant des b�tes par�es d�un linceul ensanglant� qui s�entrem�lent au milieu de l�ar�ne. De cette fontaine de chair �merge enfin la lame ac�r�e d�une sica. La pointe du couteau se l�ve m�caniquement pour trancher dans les grandes l�vres dodues d�une fente lac�r�e. Avec un choc sourd, elle rebondit sur l�os pubien et d�vie sur le fragile pistil de la fleur incandescente. Comme au ralenti, la lame s��l�ve et retombe une derni�re fois. Les jeunes corps exsangues mais apais�s pour l��ternit� semblent se dissoudre ensemble dans l�ar�ne.

 

La foule applaudit longuement et N�ron s�empresse de s�approprier les vivats en se levant et en saluant � son tour.

 

La fin de l�apr�s-midi dessine des zones d�ombre depuis le d�but des gradins � l�est du Colis�e, quand quatre nouvelles chr�tiennes sont � leur tour pouss�es � l�abattoir. Choqu�es par le combat � mort qui vient de se d�rouler, elles remercient Dieu d�avoir �t� pr�serv�es d�un semblable duel et esp�rent une mort prompte. Lorsqu�un troupeau de buffles se pr�sente par la Porte Triomphale, elles pressentent que leur mort sera tout aussi atroce et elles s�agenouillent en se cachant le visage.

Les forces leur manquent et elles se laissent d�v�tir sans r�sistance devant les turris. Dos au sol,leurs membres sont li�s � de grandes lani�res, les cordes des poignets sont elles-m�mes assujetties sur les pitons en bronze qui ont connu le supplice de leurs s�urs. Plus loin, les liens de leurs chevilles sont fix�s au licol d�un buffle. Les huit bourreaux qui vont fouetter les buffles sont dispers�s sur toute la largeur de l�ar�ne. Lorsque les m�les s��branlent lentement, les corps supplici�s s��tendent prodigieusement, avec un ignoble craquement des jointures. Les hurlements d�agonie se m�lent en une cantate unique de douleur, de pleurs et de suppliques. Les tortionnaires ralentissent la traction des instruments vivants en maintenant totalement rigides les beaux corps dont les vulves b�antes sont offertes � la concupiscence de la foule. Quatre centurions s�avancent, porteurs d��paisses cordes mal d�grossies. Les barbes sont de v�ritables �chardes qu�ils s�appliquent � ne pas saisir tandis qu�ils d�posent les cordes par un bout sur les ventres de leurs victimes avant de faire passer l�autre bout sous leurs dos. Ils r�unissent la corde par ses deux extr�mit�s puis se reculent de quelques pas.

 

Les femmes dans la foule ont compris bien avant les hommes ce qui �tait pr�vu et elles pouffent ensemble pour cacher leur embarras, imaginant par avance les souffrances que vivent les chr�tiennes tandis que les l�gionnaires ont commenc� de faire aller et venir leur barbare instrument de torture. Sur un rythme lent afin que les cordes trouvent leur assise dans l�ouverture naturelle, ils tirent alternativement d�une main, puis de l�autre, la corde rugueuse en s�encourageant mutuellement. Ils prennent plaisir � profaner les niches d�amour, eux qui ne connaissent que les plaisirs ancillaires h�tivement consomm�s.

 

Les l�gionnaires ont maintenant trouv� un rythme un peu plus soutenu qui permet � la corde de passer plus vigoureusement, usant simplement les muqueuses � vif. Mais cependant, au bout de quelques instants, perlent les premi�res gouttes de sang chass�es par l�infernal va et vient. Malgr� l�effroyable traction, des ventres parviennent � onduler dans le fallacieux espoir de soustraire � la morsure des �chardes les puits sacr�s. Mais, inexorablement, les cordes creusent un sillon fatidique dans l�entrejambe f�minin. Les chairs superficielles sont brutalement entam�es, les plus graves l�sions nappent d�un sinistre rouge � l�vres les vulves ouvertes pour un baiser sanglant. Les capuchons des clitoris, refuges de tant de secrets, disparaissent � leur tour tandis que les chr�tiennes hurlent la douleur de la perte de leur f�minit�.

 

C�est le signal qu�attendaient les bourreaux pour exciter les buffles. Le souffle court, la pl�be reprend ses esprits pour parier sur la premi�re paire de buffles qui arrachera les membres de sa chr�tienne. Les esprits ne s��chauffent pas longtemps, car la plus fr�le des chr�tiennes est rapidement d�membr�e. Son torse g�t � peine sur le sol que ses s�urs l�accompagnent bien vite dans la mort salvatrice.

Le maigre repas de gruau et de pain rassis a �t� � peine effleur� par la poign�e de chr�tiennes survivantes. Elles gisent prostr�es, blotties dans les bras l�une de l�autre. Sulpicia s�applique � les r�conforter avec ses mots simples de fille de ferme. Elle soul�ve la t�te des plus jeunes dans ses bras robustes, redresse une tresse, arrange un pli et leur promet de rester pr�s d�elles jusqu�au bout.

Agathe semble p�trifi�e dans un coin, les yeux ferm�s. Quand l�obscurit� a totalement envahi l�immonde cachot, � peine �clair� par la lueur d�une maigre torche pos�e en haut du mur qui fait face � la grille, elle se rel�ve souplement. Elle glisse silencieusement par le c�t�, penche sa t�te � travers les barreaux, et enfile tout doucement la cl� dans le p�ne. Un d�clic sonore r�sonne douloureusement dans sa t�te. Elle retient son souffle quelques instants. Pas un bruit hormis de lointains ronflements. Elle pousse tout doucement la lourde grille, sans l��branler d�un pouce. Incr�dule, elle pousse encore. Rien. Elle regarde d�sesp�r�ment partout avant de d�couvrir un second p�ne au-dessus de sa t�te. Le c�ur oppress�, elle enfonce tr�s vite sa cl�. Elle force pour la faire tourner. Rien n�y fait. Elle comprend tr�s vite le pi�ge que l�inf�me romain lui a tendu. Elle croit l�entendre rire tout l� haut dans la loge de C�sar. Elle se retourne et regarde longuement ses s�urs qui l�observent debout sans pouvoir respirer. Elle ont lu le d�couragement sans bornes sur ses traits fatigu�s, et certaines �touffent un petit sanglot par respect pour elle. Elle tombe � genoux et pousse un hurlement de haine animale.

 

Chapitre V � Cinqui�me jour - une journ�e ordinaire

 

Des vieillards qui esp�rent retrouver un peu de leur vigueur sexuelle si lointaine se sont lev� tr�s t�t ce matin. Les patriciennes ont couvert leurs t�tes de mitres � l�orientale. Vierges ou d�prav�es, elles sont toujours venues en chaise � porteurs. Apr�s les naumachies, spectacle de joutes nautiques donn� sur l�eau qui a envahi les foss�s, tous contemplent la tellam, cette machine de guerre � bascule, orgueil des ing�nieurs romains, amen�e par les centuries pendant la nuit.

 

Lorsque l�empereur se l�ve pour imposer le silence aux bucinae, les musiciens reposent leur instrument � vent, les histrions interrompent leur pantomime et tous saluent C�sar avec respect.

 

Avec une moue de sa lippe fate, N�ron a harangu� la foule d�cha�n�e en louant les vertus guerri�res de Rome, et expliqu� comment ses ennemies seraient bris�es sur les turris

 

Calpurnia s��tonne un court instant des cercles concentriques aux couleurs de l�arc-en ciel dessin�s au milieu des turris. Lorsqu�elle r�alise, elle se penche en pouffant sur le cou de sa jeune cousine :

� C�est trop dr�le, regarde bien, ils vont faire un concours de tir �. Drusilla a secou� son �paule sans r�pondre, elle n�aurait d�cid�ment pas du revenir, mais elle ne savait pas trop quoi faire d�autre aujourd�hui. Elle se demande ce que le petit romain qui est assis un peu plus bas sur sa droite peut bien penser. Le jeune gar�on est fascin�, les yeux brillants, et sa m�re semble le surveiller de tr�s pr�s.

 

- exercice militaire

 

Six chr�tiennes vont constituer les vivants projectiles des deux vieux centurions. Aid�s par les esclaves, ils ont r�p�t� depuis l�aube leurs sinistres gammes. Ils doivent maintenant effectuer de sordides r�glages, et ils contraignent sous le fouet leurs pauvres victimes � passer l�une apr�s l�autre sur une tare � bestiaux. Les poids sont m�ticuleusement enregistr�s sur un papyrus, tandis que les chr�tiennes g�missent tels des animaux qui se sentent men�s � l�abattoir. L�une des martyres s�enfuit brusquement sur ses pieds nus et agiles avant d��tre reprise. Elle est promptement ligot�e et abondamment flagell�e jusqu�� ce qu�elle s�effondre. Elle demande pardon en tentant de s�enfoncer dans le sable pour d�rober ses chairs path�tiques aux coupures impitoyables. C�est un tas sanguinolent que les esclaves fic�lent et roulent en boule dans de lourdes cha�nes avant de le pousser � coups de pied jusqu�� la base de la gigantesque catapulte � torsion.

Elle est soulev�e yeux ferm�s et d�pos�e dans la large cuiller en guise de boulet. Pendant que les esclaves tournent les manivelles pour bander le terrible engin de guerre, la jeune chr�tienne �merge de sa prostration. Elle pousse un hurlement atroce en s�apercevant qu�elle est incapable du moindre mouvement, lov�e au fond de la niche en bois. Brutalement, elle a entendu un � click � impressionnant, auquel a succ�d� un choc terrible lorsque la cuiller a percut� contre l�arr�t. Un court instant, elle vole dans l�air avec une extraordinaire sensation de bien-�tre et de libert�. Elle croit monter au ciel pendant cet instant d�apesanteur fugace, son c�ur s�est arr�t� avant d�exploser en m�me temps que son corps s��crase sur la turris. Quelques clameurs marquent leur r�pugnance amus�e tandis que la bouillie du corps martyris� s��coule lentement sur la paroi de la turris. Le centurion a marqu� un huit, d�ment enregistr� sur un grand panneau. La seconde chr�tienne est devenue folle et secoue la t�te de droite � gauche sans pouvoir s�arr�ter en riant continuellement. Son rire strident indispose l�autre centurion, qui la calotte pour la faire taire tandis qu�elle est renvers�e � son tour dans la cuiller. Un long sifflement. Elle n�est plus qu�un amas de chair qui se d�verse doucement sur le flanc de la tour. Un cinq seulement, un mauvais tir, qui exc�de encore davantage le centurion.

Son rivala lest� le petit poids de son prochain projectile avec des cha�nes suppl�mentaires. La chr�tienne toute menue dispara�t sous les �normes anneaux, ce qui ne l�emp�che pas de protester vigoureusement. Pour mieux se concentrer, le tireur se penche un court instant sur elle, le couteau � la main. Des borborygmes se font bient�t entendre tandis qu�une langue tranch�e semble l�cher le sable. Un sept r�compense la r�gularit� du plus vieux des centurions. Un neuf remet les deux tireurs pratiquement � �galit�. Un autre huit obtenu en assommant l�avant-derni�re chr�tienne oblige le plus jeune des deux centurions � bien jauger la derni�re martyre, une grosse fille que les esclaves ont ligot� avec le plus grand mal. Pour qu�elle puisse rester maintenue sans bouger au fond de la cuiller, le centurion a besoin de plus de cha�nes sans ajouter davantage de poids. La solution lumineuse se fait tr�s vite jour dans son esprit. Tandis que les esclaves s�emparent de ses �paisses chevilles et la soul�vent � bout de bras en ahanant, le tortionnaire fait siffler son glaive et d�capite les deux gros t�tons encombrants. Sans d�semparer, les esclaves livrent rapidement un paquet pantelant de douleur � l�effarant engin. Les spectateurs se concentrent sur la course du projectile. Avec un �coeurant bruit mat, une gel�e sanglante s�est dessin� autour du dix. Des parieurs exultent et se tapent dans le ventre tandis que des sesterces changent de main.��

 

L�apr�s-midi sera consacr� � la r�daction des venationes, ces �pitaphes que les romains gravent sur des colonnes publiques en m�moire des anc�tres, et les chr�tiennes ont gagn� un court r�pit.

 

Chapitre VI - Sixi�me jour � Derniers supplices

 

La derni�re nuit des condamn�es � mort a �t� path�tique. Les chr�tiennes se comptent une dizaine, le tragique chiffre d�or des romains pour une journ�e de spectacle. Sulpicia et Agathe ont consol� leurs s�urs toute la nuit, caressant les visages, les encourageant � prier et � manger un peu pour reprendre des forces. Rien n�y a fait, les jeunes femmes �plor�es sont � bout, min�es par l�angoisse de l�attente, elles n�ont plus de forces pour se plaindre ou r�sister.

Dans le petit matin blafard, les cloches qui tintent pour l�ouverture du Colis�e r�sonnent comme le glas de leur pauvre vie de p�cheresse. Dress�e dans le rai de lumi�re qui est apparu � travers les barreaux de l�ar�ne, Agathe ressemble � un ange de lumi�re qui leur donnerait le r�confort d�une absolution mis�ricordieuse. Elles ont toutes oubli� qu�Agathe n�a re�u aucun sacrement, tant elles veulent �couter ses paroles apaisantes.

Le grincement de la grille rouill�e est un coup de poignard qui vrille leurs entrailles. Les quatre chr�tiennes choisies par les gardes sont arrach�es des bras de leurs s�urs pendant qu�une fois encore Agathe et Sulpicia ont �t� repouss�es � coup de lances.

Nues, elles sont dirig�es au pied des passerelles qui m�nent au sommet des turris. Chacune est contrainte de gravir son chemin de croix en portant les cha�nes de l�ancre d�un navire. Elles ploient sous l��norme fardeau, stimul�es � coup de fouet qui marbrent leurs fines chevilles. Ext�nu�es, elles ach�vent leur calvaire en s�effondrant sur les plates-formes. Les esclaves ne leur laissent aucun r�pit et encerclent leurs jambes avec les maillons �normes. Aucune ne peut maintenant se redresser pour assister � la mont�e des centurions.

Tandis que les esclaves redescendent pr�cipitamment, chaque centurion pr�sente � la foule un grand panier d�osier, en tenant de l�autre main une torche.

Hagardes, �puis�es, les jeunes chr�tiennes les voient saisir ensemble les anses et renverser les paniers d�s que N�ron leur a fait signe.

Lorsque les cobras royaux se sont �vad�, Agathe a compris toute la perfidie romaine. Les mains libres, mais les jambes entrav�es, les jeunes femmes ne pourront �chapper au pi�ge que les centurions leur pr�parent en repoussant les reptiles avec leurs torches. Le pire cauchemar prend forme quand les serpents ondulent tr�s vite devant elles.Une dizaine de cobras tourne maintenant autour des martyres, qui rampent d�sesp�r�ment le long des bords de la tour. Elles sont trop terroris�es pour seulement se plaindre, tirant de leur mains, avec la vigueur que donne une peur absolue, les �normes cha�nes qui les paralysent. Les sifflements des t�tes mena�antes se sont rapproch�, nul espoir, aucune gr�ce ne sont � envisager. L�une des chr�tiennes choisit courageusement sa fin. Elle se laisse glisser au dessus du bord de la turris dans un grand cri. Les autres se d�placent sans cesse jusqu�� ce que leurs forces les trahissent. Les capuchons brun-vert des grands reptiles se balancent au-dessus de leurs proies, les queues claquent furieusement contre le plancher. Un sursaut convulsif, puis un autre, ponctu� de cris horribles, puis le retrait des t�tes plates dont les crocs suintent encore, et qui semblent observer l�effet de leurs attaques. L�une apr�s l�autre, elles sont piqu�es, et chaque morsure scand�e par la foule injecte un peu plus de venin dans le c�ur d�Agathe. C�est Sulpicia qui la console � son tour, tandis qu�elle tremble, elle qui a tant r�confort� les autres.

Elle n�est pas autoris�e � l�aider davantage. Les centurions se sont empar� d�elle, la tenant au bout de leurs lances comme l�on pique du b�tail pour la faire avancer. Les derni�res chr�tiennes, sauf Agathe, ont �t� pr�sent�es � la foule en liesse pendant que Sulpicia �tait pr�par�e dans la chambre d�appel des gladiateurs. La jeune g�ante a eu le privil�ge de choisir ses armes. Elle a pris un scutulum, sorte de petit bouclier qui lui permettra de parer les coups de griffes, ainsi qu�un trident. Enti�rement nue, elle a d�daign� la cotte de maille qui lui �tait offerte afin de ne pas s�alourdir. Elle toise maintenant, yeux dans les yeux � la m�me hauteur, le gladiateur qui lui fait face. Celui-ci a reconnu une femme d�exception, et il lui donne en apart� de brefs conseils, d��gal � �gale.���

 

Lorsqu�elle p�n�tre dans l�ar�ne � son tour, les derni�res chr�tiennes, une m�re et ses trois jeunes filles, sont juch�es au sommet de la turris qui fait face � N�ron. Elles sont recroquevill�es ensemble, comme soud�es par une tragique d�ploration. Elles ont lev� les bras au ciel pour implorer le pardon de leur Dieu et une mort rapide. En �cho � leurs pri�res, un rugissement est mont� depuis la fauverie. Alors que Sulpicia est encore d�sorient�e par l�immensit� de l�ar�ne, elle a aussi entendu le sinistre avertissement. Elle court tout de suite pour rejoindre le d�part de la passerelle. Juste � temps. Les lions de Galil�e, trois grands m�les dont la large crini�re fauve claque comme une banni�re, se sont d�plac� souplement devant elle. Ils l�observent paresseusement, presque avec ennui, en ronronnant doucement. Ils se d�placent sournoisement sur ses flancs, pour la tester. A chaque �lan plus net, ils rencontrent un trident point� fermement sous leur museau. Ils s��nervent petit � petit, impatients de rejoindre la nourriture qui leur est promise. Ils ne sont plus aliment�s depuis trois jours. L�odeur du sang menstruel de la jeune chr�tienne, qui s�est de nouveau r�pandu sur le sable, attise brutalement leur app�tit. Avec un rugissement profond, le plus jeune a bondi sur Sulpicia. Sous les applaudissements de la foule, elle a fait un pas de c�t� au dernier moment et le fauve est pass� au-dessus de sa t�te, tandis qu�elle le gratifiait d�un coup de trident vigoureux.

Le lion a pouss� un horrible rugissement de rage en retombant au sol. Il est s�rieusement bless� et l�che furieusement ses profondes blessures. Un vieux m�le a observ� avec toute son exp�rience le premier sang qui a coul�. Tandis que Sulpicia se remet en garde, il ex�cute un crochet pour incurver sa course au dernier instant. La puissance de la jeune athl�te lui a permis de suivre la course jusqu�au bout et de pr�senter encore une fois les pointes du harpon devant le mufle de la b�te. Elle darde son arme comme un coup de fouet. Un cri �tonn� de la foule. Le fauve secoue f�rocement sa hure, il a perdu un oeil. Pour la premi�re fois, la foule semble du c�t� d�une chr�tienne, et N�ron ne manque pas, en fin politique, de sentir ce subtil changement. Sulpicia est brutalement alert�e par les avertissements de la foule, mais elle se retourne juste un peu trop tard. Des griffes ont saisi sa jambe, et elle roule au sol � son tour. Le dernier fauve h�site un peu, puis franchit la passerelle sous les cris d�angoisse de la foule.

 

Marcus Gaius a saisi le bras de Clodia et de leur amie Fulvia :

 

� C�est elle ! Je la reconnais �.

� Qui �a ? �.

� Elle et les autres, les actrices. Mais enfin, souvenez-vous, la pi�ce de Plaute, dans l�amphit��tre de la Via Appia ! �.

� Quelle horreur, toutes ces jeunes actrices qui nous ont tant charm�Elles avaient m�me fini compl�tement �puis�es, tant il faisait chaud �.

� Oh, non, pas elles ! ! ! J��tais m�me all� f�liciter celle qui jouait Ath�na �.

� Marcus, tu dois aller demander � N�ron la gr�ce de celle-l�, au moins �.

 

Agathe �merge lentement de son �tat second. Elle a pass� sa t�te au travers des barreaux pour sentir une bise l�g�re rafra�chir ses joues fi�vreuses. Elle a vu comme dans un r�ve Sulpicia franchir la maudite barri�re. Elle s�en remet � elle, d�sormais. Puis, son corps a commenc� � vibrer doucement avec les premi�res feintes de son amie. Quand elle tombe au sol, renvers�e par le coup de patte, Agathe secoue les barreaux comme une d�mente. Sans m�me r�aliser ce qu�elle est en train de faire, elle prend la cl� jet�e dans un coin et sort de la cellule.

Personne. Tous les gladiateurs et les esclaves regardent le spectacle depuis une loge interm�diaire un peu plus haut.

Elle vient de surgir dans l�ar�ne sous les cris de surprise. Junon magnifique, nue, elle s�est empar� de la longue �p�e des mirmillons et a rev�tu son noble visage d�un cimier en forme de t�te de poisson.

 

Sulpicia a ceintur� dans une �treinte puissante le buste du fauve qui agonise. Elle tente de se d�rober aux coups de griffe ralentis qui z�brent ses flancs et aux morsures puantes qui lac�rent ses seins. Elle est s�v�rement bless�e maintenant et ses cris de douleur se m�lent aux rugissements du fauve.

 

Calpurnia pose la main sur l��paule de Drusilla. En m�me temps qu�elle, des milliers de romains ont retenu leur respiration. Allong� dans son triclinium, le lit � trois places, N�ron lui-m�me a repouss� l�esclave cach�e par les monumentales tentures tiss�es en fil d�or, qui manipule doucement sa verge. Captiv� par le duel incertain, il s�est redress� et reste pench� au-dessus de la rambarde.

 

Agathe a distrait le vieux m�le avant qu�il ne se rue sur Sulpicia. C�est elle qui tourne autour de lui et le presse pour franchir la passerelle. Le fauve secoue f�rocement sa crini�re pour se d�barrasser de son �il qui pend sur son mufle. Affol� par la douleur et la rage, � moiti� aveugl�, il charge sans discernement.

Sulpicia s�affaiblit doucement. Une patte a trouv� son flanc. Elle est rest�e incrust�e dans ses chairs qu�elle creuse par saccades. Dans un supr�me effort, sa main a trouv� l�extr�mit� du trident derri�re sa t�te. Elle trouve la force de s�en saisir pour poignarder inlassablement la crini�re d�go�tante de sang.

 

Le dernier lion est parvenu au sommet de la turris en flairant la piste de la jeune chr�tienne. Excit� par les cris de la foule, il bondit imm�diatement sur la famille prostr�e qui s��gaille en hurlant. Il s�est dirig� tout de suite sur la proie qu�il recherchait, et son mufle a fil� vers le bas-ventre de la jeune chr�tienne. Les puissantes m�choires se sont referm� sur les l�vres charnues de la vulve, tandis que la martyre hurle en frappant le mufle assassin de ses petits poings volontaires.

 

Sulpicia est parvenu � rejeter la d�pouille qui semble la v�tir d�une fourrure fra�chement taill�e et se rel�ve en chancelant.

Agathe a frapp� un coup d�estoc qui a d�vi� la course fr�n�tique du vieux m�le. Le mufle affreusement labour�, un croc cass�, il rugit en pulv�risant des myriades de gouttes de sang dans l�azur du ciel. Puis il charge encore. Agathe doit �courter leur duel � mort. Elle se pr�cipite � sa rencontre et bloque brutalement sa course. Un genou � terre en effa�ant le buste, elle a enfonc� son arme dans le c�ur du lion.

Sulpicia s�est effondr�. Elle baigne dans son sang, bras en croix. Emport�e par l�impact, main crisp�e sur le glaive massif, Agathe se rel�ve en extirpant la lourde �p�e de bronze. Elle frappe de taille le corps pantelant, encore et encore. Puis elle se ressaisit et court pr�s de son amie. Elle soul�ve sa t�te, mais Sulpicia trouve la force de la repousser : � Les autres�. �, avant de refermer les yeux � jamais.

La foule est au bord de l�hyst�rie quand Agathe franchit la passerelle. Ses pieds semblent voler sur la passerelle et rebondir sur les rondins en ch�ne � chaque foul�e. Elle tombe sur un d�sastre. Deux des s�urs gisent mourantes, la derni�re est gri�vement bless�e, et le fauve se rel�ve du cadavre de la m�re pour l�achever. Agathe a eu la lucidit� de passer devant le soleil flamboyant qui �blouit le jeune m�le impatient et rassasi�. Il avance doucement en feulant longuement. Agathe a recul� jusqu�au bord de la turris. Elle l�excite du plat de l��p�e, et la patte du fauve joue avec la pointe comme un chat avec une pelote de laine. Puis elle se fend brutalement en s��cartant sur le c�t�. Le jeune fauve a rugi de col�re, le naseau fr�missant et sensible a �t� entaill�. Il bondit instantan�ment, face au soleil. La proie s�est d�rob�, l�ombre flamboyante ouvre ses bras et il bascule dans le vide dans un saut �perdu de terreur.

La foule est rest�e muette de surprise. Puis monte le nom repris bient�t par des centaines, puis des milliers de poitrines :

� AGATHE � AGATHE � �  et bient�t scand� � A-GATHE, A-GATHE, A-GATHE �.

 

Regulus a tr�s vite rejoint N�ron dans sa loge, car il a senti le danger. Il ne peut tout simplement pas admettre que la seule � qui il ait promis par forfanterie de tuer N�ron pour conqu�rir son c�ur soit �pargn�e.���

N�ron secoue avec d�pit ses bajoues molles. Partout les acclamations se l�vent pour r�clamer la gr�ce de la stupide chr�tienne qui a g�ch� le d�roulement des jeux si parfaits jusque l�. Il vient d��conduire s�chement Marcus Gaius � la porte de sa loge et se tient h�sitant depuis un long moment. Regulus per�oit son embarras et lui souffle quelques mots � l�oreille.

Soulag�, N�ron se penche par dessus la tribune :

� Romains, je viens d�apprendre que ces inf�mes chr�tiens, non contents d�avoir br�l� vos maisons et vos temples, ont sacrifi� � leur ignoble Dieu des nouveaux-n�s, dans la demeure du noble s�nateur Albus apr�s l�avoir tu� � Il s�interrompt, conscient de son effet, avant de reprendre la voix bris�e par l��motion � Je vous le demande solennellement, � Romains, quel sort pour ces monstres ? �.

� A MORT �, r�pond la foule unanime et boulevers�e.

Agathe a hurl� en vain pour couvrir les mensonges du fossoyeur de ses soeurs. Sa vaine protestation est emport�e par la mar�e grondante des impr�cations de la pl�be.

N�ron prend le temps de d�visager celle qui a d�fi� un court instant la volont� du Dieu vivant. Puis son pouce se retourne lentement pour d�signer le sol.

 

Deux centurions montent dans la turris. Ils sont arm�s d�un filet pour capturer la rebelle, mais ils n�en auront pas besoin. Agathe est rest�e assise, mais Clodia s�est lev�e de son si�ge � bout de nerfs. Marcus Gaius, �chaud� par l�agacement de N�ron, court derri�re elle dans le couloir qui longe le vomitorium.

 

Un �clat de rire g�n�ral a salu� l�entr�e d�un jeune lion, retardataire �gar� qui dormait encore quelques minutes auparavant. Il flaire les d�pouilles de sa race quelques instants, puis se penche sur Sulpicia en secouant son cadavre � petits coups de patte craintifs.

 

Drusilla entend une voix enfantine s��lever un peu plus bas � sa droite :

� Maman, regarde le pauvre lion qui n�a pas sa chr�tienne �. Au lieu de s�esclaffer comme tout le monde autour d�elle, Drusilla prend enfin sa d�cision. Elle soul�ve le bras pass� autour de son cou par sa cousine et se d�gage du contact r�pugnant. Elle sait que t�t ou tard, elle trouvera le chemin des catacombes � son tour.

 

 

Chapitre VII - Septi�me jour � le martyre de Sainte Agathe

 

Clodia s��vente nerveusement en attendant dans la chaise � porteurs. Elle vient de remarquer une silhouette �lanc�e � la d�marche h�sitante de somnambule sur le majestueux perron du Colosseum.

Son regard erre longuement sur les carceres, les enceintes du monument, et se voile quand montent les clameurs barbares. La jeune fille qui continue de s�approcher pleure en silence. Clodia soul�ve le l�ger voilage pour ouvrir sa porte en silence. Elle prend Drusilla dans ses bras. La fille du peuple et la patricienne n��changeront plus un mot.

 

Ce dernier matin, dans les loges fr�quent�es par les courtisanes, fr�mit sous la brise naissante une mer d�umbellae, larges ombrelles multicolores sto�quement tenues � bout de bras par des esclaves trop heureux de ne pas �tre eux-m�mes dans l�ar�ne.

C�est jour de f�te puisque la r�volte des chr�tiens va �tre d�finitivement �radiqu�e avec le supplice de celle d�sign�e par N�ron comme la derni�re reine de la secte, petite fille putative de ce J�sus l�Iscariote.

Les quatre turris ont br�l� toute la nuit, �clairant de flammes infernales les esclaves charg�s de construire une immense plate-forme carr�e avec des ch�nes des Druzzes. Elle est surmont�e d�une autre plus petite, mais circulaire et capable de pivoter sur un axe soigneusement graiss�. A environ cinq m�tres du sol, bien visible de partout, une grande croix de Saint Andr� a �t� dress�e.

Les centurions affect�s au supplice d�Agathe se pr�parent dans l�ergastulum, la chambre de punition des esclaves. Ils sont les trois derniers � n�avoir pris directement part � aucun supplice. Marcellus Aurelius est le plus vieux. Il regrette am�rement que les lions n�aient pas pris la vie d�Agathe, car tout serait dit.

Il �tait des gardes qui ont tu� les nouveaux- n�s des chr�tiens dans la villa d�Albus pour venger le meurtre du s�nateur. Aujourd�hui que sa soif de vengeance est assouvie, il est �branl� par le mensonge de N�ron et le courage des chr�tiennes.

L�encre de seiche recouvre le grand panneau accroch� � une turris qui relate les crimes d�Agathe.

Epitaphe honteuse, les mensonges du tyran soul�vent pourtant des vagues d�indignation, et les murmures deviennent des clameurs quand Agathe fait son entr�e dans l�ar�ne. Des forcen�s tentent de franchir la spina, la piste qui les s�pare de l�ar�ne, mais ils doivent reculer lorsque les pilums des centurions se font mena�ants.

 

Clodia s�est assise aux c�t�s de son �poux. Elle lui chuchote quelque chose � l�oreille. Il la fait r�p�ter, incr�dule, avant de se tourner vers Fulvia pour lui apprendre comment Albus est effectivement mort. La conjuration des patriciens vient de d�buter � cet instant pr�cis.

 

Marcellus Aurelius ne sera pas imm�diatement pr�pos� aux premiers supplices d�Agathe. Il tient sans violence par le bras cette femme superbe qui avance sans fr�mir au centre de l�ar�ne. Quelque chose passe en lui. Il ne sait pas encore quoi. Il voudrait juste que tout finisse tr�s vite, un coup de glaive et une soir�e � s�enivrer avec les putains pour oublier.

L�autre centurion s�appr�te � saisir fermement Agathe pour lui faire gravir les marches de l�estrade, mais elle lui �chappe pour monter la premi�re et scander d�une voix forte :

� Peuple de Rome, mes fr�res, les chr�tiens sont innocents des crimes de Regulus. Je meurs pour mon Dieu. Priez pour moi �.

N�ron a sursaut�. Regulus a bl�mi. Ils savent tous les deux que la force d��me de la chr�tienne a �mu une foule qui recommence � se souvenir du combat magnifique qu�elle a livr� contre les lions. Ils n�ont pas besoin de se concerter pour savoir combien il est important qu�elle abjure sa foi. Regulus descend rapidement � son tour dans l�ar�ne. La moiteur de l�atmosph�re est exceptionnelle pour une fin de matin�e.

 

Drusilla aussi est revenue. Elle n�est pas � c�t� de Calpurnia. Elle cherche dans la foule des visages pr�ts � pleurer comme elle. Il y a maintenant autant de visages impassibles que de masques de haine ou de lubricit�.

 

Les deux l�gionnaires impassibles se sont empar� d�Agathe. Elle n�a pas voulu qu�ils la touchent plus que n�cessaire et elle s�est elle-m�me d�v�tu. Elle contemple la mar�e humaine stupide devant une telle beaut�, les bras ballants, sans provocation. Les femmes sont � la fois jalouses devant ce corps parfait et touch�es par tant de gr�ce virginale. Certaines b�tes humaines savourent simplement le spectacle de formes qui ne seront jamais que lascives � leurs yeux et inaccessibles � leur d�sir. Ils se consolent avec de grandes rasades de vin et mordent dans des quartiers de viande comme si les seins d�Agathe remplissaient leur bouche. Maintenant, les plus excit�s n'osent se soulager que dans les puantes latrinae.

 

Tandis que s�envole dans la brise nerveuse la stola qu�Agathe a n�gligemment laiss� retomber, Regulus franchit l�escalier d�un pas saccad�. Son visage est cach� par l�un de ces masques de fureur, si familiers � Agathe et dont se parent les histrions grecs.

Il crache ses ordres et Agathe est bient�t li�e aux branches r�ches de la croix, t�te en bas.

Le corps superbe ondule quelques instants pour trouver sa place. Des hommes se sont pouss� du coude en commentant les d�hanchements suggestifs, mais Marcellus Aurelius a regard� ailleurs.

Comme Clodia, il vient d�apprendre par certains centurions que Regulus a tu� Albus de ses propres mains. Son univers est en train de se fissurer.

 

Dans les loges patriciennes circulent des �ufs de mur�ne marin�s dans de l�huile d�olive �pic�e et une rumeur folle court dans le deambulatorium. Sur les bords du Tibre, � quelques lieues des faubourgs, un grand nuage noir ratisse la poussi�re et les feuilles.

 

Regulus contemple quelques instants le corps magnifique qu�il a poss�d� et qu�il va devoir ruiner, car, il le sait, Agathe r�sistera tr�s longtemps.

Ses doigts effleurent la taille fine et muscl�e de son amante. Toutes les femmes de l�ar�ne le per�oivent sans le savoir, c�est comme si elles se sentaient aim�es au m�me instant. Elles retiennent toutes leur souffle par haine, amour, respect ou tendresse.

Il tend la main et c�est Marcellus Aurelius qui est le plus pr�s des tenailles en bois. L�autre centurion a commenc� de tisonner le foyer o� vont chauffer � blanc des pinces. Sans �tat d��me, il a mis � fondre une barre de plomb dans une jatte en argile d�un ocre profond.

Regulus se penche un instant sur le beau visage aquilin qui commence � se congestionner l�g�rement.

� Tu peux encore tout arr�ter : abjure maintenant et deviens mon esclave � jamais �.

Agathe a p�li et referm� les yeux sans r�pondre. A regrets, Regulus se recule lentement.

� Centurion, fais ton office �.

 

Drusilla a os� poser les mains sur ses oreilles pour ne pas entendre les premiers hurlements d�Agathe. Quand elle rouvre les yeux, pr�te � se laisser arr�ter, elle s�aper�oit avec stupeur que personne n�a remarqu� son geste, tant la foule est partag�e dans ses r�actions.

L�autre centurion s�acquitte avec conscience de sa t�che. Il a d�abord caress� longuement les longs mamelons r�tract�s, jouant avec les pointes des seins pour les �tirer, soulevant les glandes pleines et fermes jusqu�au milieu du torse. Cette pr�paration rituelle est incroyablement �rotique, car la peau luisante de sueur glisse fr�quemment sous les doigts frustes du soldat. Pour �tre enfin efficace, le bourreau finit par maintenir solidement de la main gauche une ample mamelle dont il fait jaillir le bout de sein. Les femmes ont retenu leur respiration � cet instant pr�cis, lorsque le mors en cuir de la tenaille s�empare du d�licat bout de sein. Le centurion semble h�siter un instant, comme saisi par un doute. Il se reprend tr�s vite et referme solidement la m�choire de son terrible engin.

Le hurlement d�Agathe a �t� terrible. Le centurion a eu pour consigne de ne pas arracher le t�tin, qui s�est r�tract�, tout m�ch�, mais des gouttes de sueur d�goulinent sur le front de la jeune martyre. Elle g�mit encore lorsque son autre sein est pareillement d�vast�. Ses hurlements continuels frappent la foule, car ils proviennent d�une courageuse combattante, et beaucoup commencent � s�identifier � son supplice. L�air est �touffant.

 

Regulus a repouss� le centurion. Il siffle entre ses dents :

� Ce n�est rien pour l�instant, tu pourras encore nourrir tes enfants si tu veux vivre. Allez, abjure � �.

Le temps semble retenu dans l�ar�ne. Une luminosit� particuli�re �claire le Colis�e, comme si le soleil jetait pr�matur�ment ses derniers feux de la journ�e. Deux minces filets de sang sourdent des ar�oles �raill�es par les tenailles infernales. Elles se r�pandent sur le visage admirable, tissant un masque de douleur farouche. Agathe g�mit � Je t�ai aim�VA EN ENFER �.

Regulus veille � satisfaire tout le public. Il stimule d�un geste r�gulier les esclaves pr�pos�s � faire tourner lentement le man�ge. Leurs sandales profond�ment enfonc�es dans le sable, ils sont arc-bout�s sur leur pouss�e, le torse fich� dans les grandes barres qui font ressembler l�estrade circulaire au gouvernail d�un navire.

Dans la foule, certains ont commenc� � scander � Abjure, Agathe ! ! !Abjure, Agathe ! ! ! �.

N�ron vient de se faire vomir par un esclave, pour faire de la place � un excellent g�teau de myrtilles au miel de Sicile. Il est m�content de la tournure des �v�nements, mais la position de la chr�tienne lui inspire une id�e d�moniaque pour mieux la bafouer. Il repousse l'analecta, l'esclave pr�pos� � ramasser les restes des repas. Ses ordres martel�s � l�oreille d�un grand eunuque sont brefs et pr�cis.

 

Avant que Regulus ne donne l�ordre de reprendre le supplice, les yeux lev�s vers l�horizon mena�ant, un esclave de N�ron monte � grandes enjamb�es sur la plate-forme. Le gigantesque mandingue secoue ses �paules pour laisser retomber sa grossi�re sisura et se d�v�t devant la foule, r�v�lant des proportions exceptionnelles, m�me pour un noir. Les hommes ricanent de jalousie, tant ils aimeraient se voir munis d�un tel gourdin pour fouetter eux aussi la croupe d�Agathe. Mais le gros sexe ballotte longuement d�une fesse � l�autre, liane d��b�ne qui ne sait que flageller sans pouvoir p�n�trer. Le d�sarroi du grand n�gre est presque comique maintenant. Il tente maladroitement d�introduire son gland, trop gros, trop mou, dans le plus petit des orifices qui lui sont offerts. Sous les hu�es de la foule, il finit par renoncer, le visage cramoisi. Le mot de miracle a commenc� de se r�pandre dans certains gradins.

Les archers attendent aux pieds de la plate-forme le g�ant noir. Leurs traits sont rapidement d�coch�s. Tandis que l�immense cadavre est port� aux tigres, Regulus s�est de nouveau approch�  �Tu lui as jet� un sort, hein, maudite chr�tienne ? Eh bien, tu vas regretter ce sexe qui ne t�a pas p�n�tr� �.

Marcus Aurelius sent un poids �norme sur sa poitrine, qui s�ajoute � la pression atmosph�rique tr�s basse. Il est las, fatigu� au del� de tout entendement. Mais il se l�ve quand m�me pour se saisir de la corne de b�uf �vid�e.

Il vient de monter sur la plate-forme et ses yeux ont capt� le regard intense de la jeune femme. -ne fais pas �a- semble-t-elle dire avec ses immenses yeux verts dont il ne peut plus se d�tacher, bien qu�ils soient invers�s.

Avec douceur, il introduit lentement la pointe coup�e de la corne, attentif � ne pas blesser la tendre ouverture avec les asp�rit�s des bords �br�ch�s de la pointe. Il n�a pas encore pris sa d�cision avec sa t�te, mais son corps a commenc� de prot�ger la jeune martyre.

D�un pas m�canique, il redescend chercher le seau de plomb fondu qui bouillonne encore.

Il remonte lentement sur la plate-forme avant de s�immobiliser compl�tement. La foule per�oit par instinct que quelque chose va se produire. Au loin, un coup de tonnerre a sembl� donner le d�part du d�sastre. Tr�s vite, Marcus Aurelius renverse la jatte et son contenu sur Regulus. Il redescend en courant les marches en s�emparant au passage de son pilum et se pr�cipite vers la loge imp�riale. De toute part sifflent des lances et des fl�ches. Le corps transperc�, le centurion a lanc� son pilum dans un ultime et terrible effort. La lourde lance fich�e dans la colonne dorique fr�mit un long moment au-dessus de la t�te de N�ron. Allong� au sol, le roi du monde a fait sous lui.

Le regard hallucin� du l�gionnaire a alert� Regulus juste � temps, et son sens du combat l�a fait se rejeter en arri�re. Une fraction de seconde lui a suffi pour �chapper � la pluie bouillante. Quelques gouttes finissent de consumer sa tunique, qu�il rejette furieusement en arri�re. La foule commence de gronder, en �cho aux coups de tonnerre rapproch�s, une sorte de murmure de r�probation assourdi, d�o� ne fusent plus que de rares exclamations pour demander que reprenne le supplice de la martyre.

N�ron s�est chang� tr�s vite, il jette son peplum souill� au visage du grand eunuque. Celui-ci sait d�j� qu�il sera mort ce soir pour avoir assist� � la d�ch�ance du tyran.

Regulus sent que l��me profonde de la foule est en train de changer. Il faut acc�l�rer le supplice, m�me si Agathe doit p�rir avant d�avoir reni� son Dieu. Un vent vif semble envoyer en avant-garde quelques gouttes de pluie.

Il �te son casque et se penche sur Agathe. Il contemple un court instant la grotesque excroissance qui saille de la motte tant ch�rie. Sans plus d�h�sitation, il donne un violent coup de poing.

� HAN �, a fait Agathe, en poussant un long g�missement. La corne a presque disparu au fond de son vagin, douloureusement bloqu�e par le col de sa matrice. Seul d�passe le bord, troublant col blanc perch� au sommet d�une jungle exub�rante. C�est une vulve d�os qui semble b�er pour l�ar�ne tout enti�re.

Le dernier centurion a tendu une louche fumante � Regulus. Les femmes croient sentir les remugles d�l�t�res du plomb fondu, mais ce n�est pas dans le temple de Saturne que ce pr�tre va faire offrande. Regulus soul�ve tr�s haut la louche, au vu de tout le monde et surtout d�Agathe.

Le liquide en fusion coule doucement. Les premi�res gouttes h�sitent sur les bords de la corne, prennent le temps de fumer et de se refroidir, brodant un collier argent� qui s��paissit tr�s vite. Le flux s�acc�l�re un peu. Un soubresaut et un long r�le indiquent � la foule que les fragiles muqueuses viennent d��tre attaqu�es. Un petit nuage de fum�e s��chappe au rythme des d�charges qui semblent frapper le corps parfait. Ils ponctuent la souffrance qui bouleverse les formes admirables pour le plaisir de la foule.

Un craquement sourd fend le c�ur des moins barbares. Les tendons des membres t�tanis�s de douleur d�Agathe c�dent les uns apr�s les autres, car le feu a commenc� d�atteindre ses entrailles.

Ses g�missements touchent m�me Regulus. Les l�vres d�chir�es par les morsures murmurent : � Tue-moi�.maintenant, tout de suite ! !�.

� Abjure d�abord, ne t�obstine pas� �.�� Le visage d�figur� par la souffrance retombe. Regulus a besoin d�une diversion, il doit retourner les sentiments de la foule. Ses doigts saisissent avec pr�caution le bord de la corne, et il tire. Quand il rel�ve la t�te, il est surpris de voir combien le nuage noir a mang� l�horizon.

Il s��carte maintenant pour laisser officier le centurion, attentif � ne pas dissimuler la vue � N�ron.

Une pince rougie � blanc luit dans l�ar�ne, car le soleil s�est compl�tement retir�.

� ffffsssiiiizzzzzzzzzzzzz �. � Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh �.

� ffffsssiiiizzzzzzzzzzzzz �. � Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh �.

� ffffsssiiiizzzzzzzzzzzzz �. � Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh �.

� ffffsssiiiizzzzzzzzzzzzz �. � Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh �.

Dix, vingt fois, l�horrible chuintement pr�c�de le cri d�agonie. La pince semble toujours chercher quelques instants sa cible, mais ce n�est que pour mieux faire go�ter les affres de l�attente � la chr�tienne. Ce sont les flancs des fiers t�tons qui se couvrent d�abord de vilaines cloques au pus �carlate, qui recouvrent les bleus laiss�s par les mors en bois. Puis ces cloques sont minutieusement crev�es, et des pinces nouvellement port�es au rouge viennent saisir plus profond�ment des lambeaux de chair de la jeune servante de Dieu. Malgr� les violentes torsions de son buste pour leur �chapper, les baisers de feu ont d�truit progressivement le tour des somptueuses mamelles. Ils les accompagnent sans r�pit dans leurs soubresauts lascifs qui commencent � se ralentir. De plus grosses tenailles attendent leur tour, et les femmes ont r�alis� d�s le d�but leur tragique fonction.

Regulus tente de se tailler un succ�s en deux temps. Il a repouss� le z�l� centurion. Sa main plonge dans la fente outrag�e. Il exhibe maintenant � la foule silencieuse le moulage du sexe profan�. La sombre sculpture semble la repr�sentation m�me du viol et du mal. Une autre chape de plomb semble peser sur l�ar�ne. La foule a baiss� la t�te sous un premier �clair. M�content de son effet rat�, Regulus s�empare lui-m�me d�une �norme tenaille.

� YYYYYYYYYYEEEEEEEEEEEEEEEEH �. Il a saisi une longue pointe oblongue qui fume, et la presse en tournant son instrument. Il tire un peu maintenant, puis de plus en plus fort. Il a manqu� tomber en arri�re quand le bouton de sein et sa large ar�ole sont venus d�un coup, noircis d�un sang calcin�.

Regulus entend un murmure d�agonie extatique :

� Quo vadis, Domine ? �

Le centurion a ranim� Agathe avec des sels. C�est lui qui arrache l�autre bout de sein, il a mordu plus profond�ment dans la glande et ahane un peu pour tordre et d�chirer l�enveloppe des lobules. Regulus a tourn� la t�te pour capter les intentions de cette pl�be dont il est issu, et son instinct lui dicte que quelque chose de grave est en train de se passer. Des t�n�bres de fin du monde semblent s��tre abattu sur l�ar�ne. Une pluie l�g�re a fait son apparition.

Regulus n�a pas un regard pour le superbe corps d�vast�. Son bras se l�ve pour abr�ger la boucherie et il plonge lui-m�me son �p�e dans le ventre ch�ri, depuis le sexe mutil� jusqu�au sternum.��������� ������������������������������������������

Un haruspice se h�te pour fouiller les entrailles avec sa culticula en bois afin de pr�dire l�avenir que N�ron lui a command�. Il rel�ve bient�t un visage gris d�inqui�tude et choisit le mensonge :

� C�sar, j�ai vu ta longue vie, tu seras entour� de l�amour et du respect de ton peuple entier �. N�ron s�est lev�. Il salue longuement la foule sans savoir que ses jours sont compt�s � son tour. Sans savoir que la septi�me l�gion sous les ordres du Consul Alba est � une journ�e de marche et qu�est proche le temps o� il devra supplier un fid�le esclave de l�aider � enfoncer un glaive dans son sein. Un d�luge chasse maintenant la foule.

 

������������������������������������������������������� FIN

 

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